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Étiquette : Europe

  • Saint-Valery-sur-Somme

    Saint-Valery-sur-Somme

    Se rendre à Saint-Valery-sur-Somme depuis Paris

    2H40

    225 km

    Envie d’un grand bol d’air iodé et de lumières changeantes ? On vous emmène à Saint-Valery-sur-Somme, une cité médiévale qui domine l’un des plus beaux estuaires du monde. Entre le cri des goélands, les maisons de pêcheurs colorées et les épopées de Guillaume le Conquérant, préparez-vous à un voyage hors du temps, là où la terre et la mer ne font plus qu’un.

    Phare du Hourdel

    On commence notre balade à la Pointe du Hourdel, bien que le phare se situe sur la commune de Cayeux-sur-Mer, nous tenions tout de même à le mentionner ici.

    Ce joli phare veille depuis 1840 sur l’embouchure de l’estuaire. Après un premier feu monté sur une potence de bois, puis une version métallique en 1905, l’édifice actuel a été construit en 1948 : une tour cylindrique de 18 mètres en béton armé, surmontée d’un feu blanc et vert à trois occultations toutes les douze secondes. Détruit pendant la guerre, il a été reconstruit en 1950 et servait encore, jusqu’aux années 1980, d’appui sonore grâce à sa corne de brume. Repère pour les promeneurs et les pêcheurs de crevettes grises du Hourdel, le phare est aujourd’hui un symbole du littoral, visible depuis la Route Blanche qui longe les dunes. Il guide autant les navigateurs que les curieux venus contempler la Baie.

    La Baie de Somme

    Elle compte parmi les plus belles baies au monde et fascine tous ceux qui la découvre. La Baie de Somme s’étend sur 72km² de la pointe du Marquenterre à Cayeux-sur-Mer. Ses paysages exceptionnels, fragiles, protégés, ses lumières fascinantes lui valent d’être Grand Site de France.

    Le fleuve Somme se jette dans la Manche en formant un estuaire de 72 km2.

    Il comprend trois zones : la partie basse, découverte lors des marées de vives eaux, la zone sablovaseuse, véritable garde manger des oiseaux et la partie haute recouverte de végétation.

    La baie de Somme est donc un vaste site naturel, préservé, c’est un lieu d’observation privilégié pour la faune et la flore, des centaines d’espèces d’oiseaux s’y posent lors de leurs migrations. L’estuaire est reconnu sur le plan international pour sa richesse écologique ; la partie nord est classée Réserve Naturelle Nationale.

    L’ensemble de la baie de Somme et de son environnement proche est multiplement labellisée : au titre de la convention mondiale RAMSAR sur les zones humides, membre du club des plus belles baies du monde, labellisée Grand Site de France et Parc Naturel Régional.

    Ne vous aventurez pas seul en Baie de Somme, les marées sont dangereuses et les espèces sont protégées.

    Rue de la Chapelle

    Pour prendre de la hauteur et admirer ce paysage du regard, nous grimpons par la Rue de la Chapelle. C’est le moment « souffle coupé » de notre balade : la pente est un peu raide, mais la récompense est là. À mesure que l’on s’élève, le panorama sur l’estuaire se dégage, offrant une vue imprenable sur les teintes opalines de l’eau qui se mélangent au vert de la végétation littorale.

    Chapelle des Marins

    De style néogothique, respectant la tradition des murs en damiers de pierre blanche et de silex, la chapelle Saint Valéry a également comme particularité son clocher surmonté d’un goéland.

    Située sur l’un des plus beaux points de vue de la Baie, la chapelle, d’une grande ancienneté (d’architecture romane) était élevée sur le tombeau même de l’apôtre du Vimeu. Elle fut remplacée en 1878 par une nouvelle chapelle, sous l’égide de l’Abbé Caron, curé Historien de Saint- Valery-sur-Somme de 1872 à 1893, d’un style néo-gothique, respectant la tradition des murs en damiers, avec une alternance des calcaires et des silex taillés. Au pied de l’édifice, se trouve la fontaine miraculeuse, dite de la Fidélité. Elle a été réaménagée avec soins et entièrement restauré en 2013.

    Ou plutôt Chapelle de Saint Valery, « dite des marins » car le haut du clocher est orné non pas d’un coq mais d’un goéland, en hommage aux marins qui en naviguant faisaient retentir la corne de brume pour saluer l’édifice.

    Porte Guillaume & Porte Jeanne d’Arc

    Appelée « Porte de Haut » ou « Porte Jeanne d’Arc » en souvenir de son passage en décembre 1430, c’est un des vestiges les plus anciens de la Ville. Les tours, datées du 11ème , existent déjà lors de l’escale forcée de la flotte de Guillaume de Normandie en 1066. L’ensemble était constitué de deux tours rondes massives, avec consoles et mâchicoulis, deux corps de bâtiments avec un étage et des souterrains qui servaient de corps de garde et de prisons, un pont levis disparu en 1614, et des ouvrages de défense avancés aujourd’hui disparus. L’arcade ogivale a été édifiée en 1785 et un pan de courtine subsiste encore. Sur les murs pousse en été un œillet rose appelé « l’œillet des croisades ».

    Un petit jardinet sur le côté de la tour offre une belle vue de la baie à travers les arbres.

    Église Saint-Martin

    Au cœur de la cité haute, l’Église Saint-Martin nous surprend par son allure de forteresse. Ravagée par Louis XI en 1475 (qui préféra brûler la ville plutôt que de la laisser aux Anglais !), elle fut consacrée à nouveau en 1500. On admire son architecture unique à deux nefs identiques et ses murs en damiers de silex. Son mobilier a souffert pendant la Révolution, mais sa tour massive épaulée de contreforts impose toujours le respect. Sa toiture pyramidale de 1786 lui donne cette silhouette si particulière qu’on repère de loin en baie.

    Porte de Nevers

    Nous quittons la ville haute par la Porte de Nevers. Cette construction du XVIe siècle mélange briques, grès et galets. Si vous levez les yeux sous la voûte, vous pouvez encore voir les rainures de la herse et les baies où passaient les chaînes du pont-levis. Le blason des Gonzague-Nevers y trône toujours avec la devise « Fides » (Fidélité), souvenir de la bravoure de la milice locale à la bataille de Bouvines en 1214. En suivant la Rue de la Porte de Nevers, on descend doucement vers les quartiers plus populaires du bord de mer.

    Rue de la Porte de Nevers

    Derrière la porte de Nevers, la ruelle éponyme relie la cité fortifiée au quartier maritime et dégage un charme particulier. C’est une descente agréable qui permet d’admirer l’architecture urbaine de la ville, où la pierre médiévale laisse peu à peu place aux constructions liées à l’activité portuaire.

    30 Quai du Romerel

    Au 30 quai du Romerel, l’ancienne gendarmerie de Saint‑Valery‑sur‑Somme occupe une place discrète mais structurante dans le front bâti qui longe la baie, entre le port et le quartier de villégiature du Romerel. Elle s’insère dans un alignement d’édifices remarqués du quai — château du Romerel, maisons de notables, demeure associée au séjour de Napoléon — qui participe au caractère particulièrement pittoresque de la promenade en bord de baie. Décrit comme un secteur développé avec l’essor balnéaire, le Romerel présente un paysage de façades XIXe‑XXe tournées vers la baie, relativement homogène face au port et aux digues.

    Ruelle des Matelots

    On s’écarte un instant de la promenade pour nous glisser dans la Ruelle des Matelots. Étroite, intime et pleine de mystère, cette petite ruelle était autrefois le raccourci secret de ceux qui vivaient de la mer. On y imagine les marins rentrant de pêche, s’engouffrant dans ces passages pavés pour rejoindre leur foyer à l’abri du vent.

    Courtgain

    Nous arrivons dans le Courtgain, sans doute le quartier le plus pittoresque de la région. Son nom, qui signifie « petit salaire », rend hommage aux familles de pêcheurs qui vivaient ici dans des maisons de brique et de torchis aux soubassements noirs. Aujourd’hui, les façades éclatent de couleurs chatoyantes et les ruelles sont joliment fleuries, créant un décor de conte de fées. Nous montons jusqu’au Calvaire des marins d’où le point de vue est tout simplement magistral : c’est ici que l’on ressent le mieux la ferveur des gens de mer, particulièrement lors de la grande Fête de la Mer qui anime le quartier chaque été.

    Le port

    Notre balade nous mène naturellement vers Le Port, le poumon économique de la ville. C’est ici que les bateaux de plaisance dansent au gré des courants, remplaçant les anciens navires de commerce. Le port est le lieu de toutes les rencontres, où l’on peut embarquer pour une croisière ou simplement s’installer en terrasse pour déguster des produits locaux. L’atmosphère y est joyeuse et rythmée par le va-et-vient des promeneurs qui, comme nous, se laissent séduire par cette vie maritime si particulière.

    Les Bains De La Ferté

    On achève notre balade aux Bains de la Ferté, à l’extrémité du quai. C’est ici que le tourisme thermal a pris son essor au XIXe siècle. Aujourd’hui, c’est le lieu parfait pour une dernière pause contemplative face au Crotoy que l’on aperçoit sur la rive opposée. Entre passé médiéval et nostalgie des premiers bains de mer, Saint-Valery nous a conquis !

  • Hauts-de-France

    Hauts-de-France

    Bienvenue dans les Hauts-de-France

    Une superbe région qui abrite un patrimoine et une douceur de vie qui n’a rien  à envier au reste de la France ! Nous partons profiter de ces contrées chaleureuses ou la bonne humeur cotoie les bonnes choses de la vie.

    Somme (80)

    Un département d’une diversité de paysages et d’ambiance qui ne cessera de nous surprendre

    Lille (59)

    Un département d’une diversité de paysages et d’ambiance qui ne cessera de nous surprendre

  • Bayonne

    Se rendre à Bayonne depuis Paris

    7H50

    4H30

    770 km

    Prêt pour une immersion dans la cité la plus gasconne du Pays Basque ? On quitte Paris pour Bayonne, une ville d’art et d’histoire qui ne se contente pas de sa réputation festive. Entre ses remparts romains, ses flèches gothiques et ses arômes de cacao, préparez-vous : ici, chaque pierre a un accent et chaque quai raconte une épopée maritime.

    Remparts de Bayonne

    On commence fort avec les Remparts. En marchant sur ces murailles, on remonte 16 siècles d’histoire. Tout commence au IVe siècle avec le Castrum de Lapurdum romain. Mais le visage actuel, on le doit au génie de Vauban au XVIIe siècle. Imaginez le chantier : il a fusionné les murs antiques avec des bastions angulaires et des fossés profonds pour en faire une place forte imprenable. C’est une superposition fascinante de styles, du médiéval au classique, qui dessine encore aujourd’hui cette silhouette de ville-forteresse, protectrice mais toujours ouverte sur ses fleuves.

    La Poterne et Château Vieux – Gaztelu Zaharra

    Juste à côté, on découvre la Poterne, cette porte dérobée autrefois utilisée pour les sorties secrètes des soldats. C’est un vestige du « Réduit » qui protégeait le confluent. Juste au-dessus veille le Château-Vieux. Construit sur les fondations romaines, il a accueilli des rois comme Louis XI ou François Ier. Vauban, encore lui, a raboté le donjon pour l’adapter aux canons. Aujourd’hui, avec ses murs de 3 mètres d’épaisseur, il appartient toujours à l’Armée (le 1er RPIMa). C’est un sanctuaire militaire fermé au public, mais sa simple présence nous rappelle que Bayonne est un pivot stratégique depuis 1700 ans.

    Halles de Bayonne

    On change d’ambiance en rejoignant les Halles. Le cœur de Bayonne bat ici, entre la Nive et l’Adour. Après l’effondrement des halles type « Baltard » en 1945 sous la neige, et un bâtiment bétonné peu gracieux dans les années 60, nous profitons aujourd’hui d’une structure lumineuse en brique et verre depuis 1994. C’est l’institution suprême : on y vient pour le jambon de Bayonne, les fromages d’Ossau-Iraty et, surtout, pour les chants basques qui éclatent spontanément aux balcons le samedi matin. Une véritable thérapie par la gastronomie et la culture !

    Les quais

    Musée Basque et de l’histoire de Bayonne

    Pour comprendre où nous sommes, direction la Maison Dagourette, une demeure de négociant du XVIIe siècle qui abrite le Musée Basque. Dès l’entrée, la devise nous accueille : « Hemen sartzen dena bere etxean da » (Celui qui entre ici est chez lui). On y découvre 90 000 objets, des intérieurs ruraux reconstitués aux secrets de la pelote basque. Le musée nous raconte comment Bayonne a toujours été un carrefour de cultures basque, gasconne et juive, forgé par le commerce atlantique. C’est le passage obligé pour saisir l’âme du territoire.

    Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne

    On lève les yeux vers la Cathédrale Sainte-Marie. C’est une merveille du gothique rayonnant, style plutôt rare dans un Sud-Ouest habitué au roman. Son chantier a duré des siècles, de 1258 jusqu’au XIXe siècle quand l’architecte Boeswillwald (un élève de Viollet-le-Duc) a ajouté les deux flèches de 85 mètres. Classée à l’UNESCO au titre du chemin de Saint-Jacques, elle impose le respect par sa dentelle de pierre calcaire et ses vitraux qui colorent la nef d’une lumière mystique. On s’y sent tout petits, mais étrangement apaisés.

    Le Cloître de Bayonne

    Attenant à la cathédrale, on entre dans le Cloître. C’est l’un des plus grands de France (XIVe siècle). Ici, le silence remplace le brouhaha des rues. Sous les arcades gothiques, on imagine les processions, mais aussi les réunions de notables, car ce lieu était le véritable « forum » de la ville. C’est un espace hybride, à la fois religieux, politique et funéraire. Aujourd’hui, c’est notre bulle de sérénité préférée pour échapper à l’agitation du Grand Bayonne.

    Place Montaut

    Un peu plus loin, la Place Montaut nous offre un havre de paix. Elle doit son nom à un palais disparu en 1908 qui hébergea une reine d’Espagne en exil ! Aujourd’hui, c’est une place multigénérationnelle, fruit d’un budget participatif où les Bayonnais ont choisi de « désimperméabiliser » le sol pour y planter de la verdure. Entre les écoles alentour et la chapelle des Filles de la Croix, on y respire la vie de quartier.

    Collège privé Notre-Dame

    Les corporations

    En déambulant dans la vieille ville, il nous suffit de lever les yeux pour retrouver l’histoire sociale de Bayonne gravée dans la pierre et les noms des rues. Les enseignes, sculptées ou peintes, racontaient déjà au Moyen Âge la spécialité de chaque échoppe : bouchers, forgerons — qu’on appelait ici “faures” — ou encore doualiers, faiseurs de tonneaux.
    Dès la période médiévale, ces métiers se sont organisés en corporations, réunissant les acteurs de chaque secteur pour se défendre, transmettre leur savoir, et garantir la qualité du travail. Leurs traces persistent non seulement dans la toponymie mais aussi dans la mémoire vivante de la ville, où la cohésion professionnelle se mêle à l’identité de quartier

    Tour Vieille-Boucherie

    Porte d’Espagne

    En suivant les remparts, nous arrivons à la Porte d’Espagne, point de passage historique vers le sud, vers la frontière et plus loin encore, jusqu’à la péninsule Ibérique.
    Cette porte a longtemps joué le rôle de seuil stratégique. Depuis les temps anciens, elle contrôle la sortie sud de la ville et se voit renforcée au fil des siècles : d’abord protégée par une barbacane médiévale puis, au XVIIe siècle, repensée par Vauban qui la transforme en ouvrage monumental selon les principes de l’architecture bastionnée.
    Large arche de pierre, flanquée de bastions, et à l’origine surmontée d’un pont-levis enjambant le fossé, la Porte d’Espagne allie pureté militaire et élégance sobre.
    Aujourd’hui piétonne, elle demeure un témoin de la puissance défensive de Bayonne, comme un rappel que franchir ce seuil revenait autrefois à quitter la France pour s’élancer vers l’Espagne, l’aventure ou, parfois, le danger.

    Stade Christian Belascain

    La Tour de Sault

    Sur les bords de la Nive, la Tour de Sault se dresse, massive, discrète mais essentielle dans le dispositif défensif de Bayonne. Construite au XIVe siècle, elle assurait, avec la Tour des Menons sur la rive opposée, le contrôle du trafic fluvial et la sécurité du port.
    Un ingénieux système de barrage flottant, l’estacade, reliait alors les deux tours et bloquait l’accès aux navires indésirables.
    Au fil du temps, la tour a souffert : affaissement après une crue au XVIIIe siècle, écrêtement partiel en 1832 lors du remodelage des remparts. Pourtant, la base robuste, vestige du Moyen Âge, subsiste encore aujourd’hui, témoignant de l’épaisseur des murs médiévaux et de l’importance stratégique du site.
    La Tour de Sault, désormais voisine d’un parking moderne, porte la mémoire d’une ville qui a toujours protégé, surveillé, et parfois verrouillé son accès fluvial.

    De retour sur les quais

    On revient vers l’eau. Les quais de la Nive et de l’Adour sont l’ADN de Bayonne. Au Moyen Âge, sous domination anglaise, les chantiers navals tournaient à plein régime. On adore observer les maisons hautes sur arcade : c’est là que les marchands hissaient autrefois les ballots de morue, d’épices ou de sel venus de Terre-Neuve ou des Antilles. Colbert y a même installé l’Arsenal du Roi au XVIIe siècle. Aujourd’hui, les terrasses ont remplacé les entrepôts, mais l’esprit marchand demeure.

    Port-Neuf, rue gourmande

    Si Bayonne prend aux yeux des gourmands l’allure d’une capitale officieuse du chocolat, c’est autour du Port-Neuf que s’écrivent les premières pages de cette histoire douce-amère.
    À la fin du XVIe siècle, des familles juives espagnoles et portugaises, fuyant l’Inquisition, s’installent quartier Saint-Esprit et apportent avec elles le secret d’un cacao médicinal, tonifiant.​
    Le chocolat “à boire” se répand dans la haute société locale, alors que des artisans maîtrisent son travail à la pierre chaude, sur le fameux métate. Bayonne devient la première ville française à produire du chocolat, et sa tradition gastronomique se consolide au fil des siècles : le goût se fait plus cacao que sucré, les procédés évoluent, mais l’esprit demeure.
    Aujourd’hui, de la rue Port-Neuf à la collégiale Saint-Esprit, les façades abritent chocolatiers centenaires et ateliers plus jeunes, gardant vivante la mémoire des “Faiseurs de chocolat”.
    Le patrimoine du cacao, entre archives, sculptures commémoratives et vitrines garnies, s’est fondu dans la culture bayonnaise : la dégustation y est rituelle, presque sacrée.

    Théâtre Michel Portal (Scène nationale du Sud-Aquitain)

    Au confluent de l’Adour et de la Nive, sur la vaste place de la Liberté, l’Hôtel de Ville et le Théâtre Michel-Portal forment un ensemble architectural rare.​
    Construit de 1837 à 1842, l’édifice néo-classique, signé Nicolas Vionnois, impressionne par sa monumentalité, inspirée des aménagements parisiens de la même époque. Il fallait alors une Mairie à la hauteur des ambitions de la ville, mais aussi une vraie salle de spectacle : le théâtre à l’italienne est donc intégré au bâtiment municipal, choix original et audacieux pour l’époque.​
    Trois ailes sont donc prévues : une dédiée à la douane, une à la mairie et une au théâtre lui-même. À l’intérieur, la salle — aujourd’hui réduite à 592 places pour plus de confort — accueille depuis 1842 tout le spectre du spectacle vivant.
    Au fil des décennies, incendies, restaurations, réaménagements et modernisations se succèdent, sans jamais altérer l’esprit du lieu. Depuis 1990, le théâtre est géré par la Scène nationale du Sud-Aquitain, rayonnant sur tout le pays basque.
    Le bâtiment, rebaptisé en hommage à Michel Portal, musicien de jazz et de classique natif de Bayonne, reste un phare pour la culture locale, conjuguant tradition architecturale et vitalité créative.​

    L’adour & Pont Saint-Esprit

    Traverser l’Adour par le Pont Saint-Esprit, c’est franchir bien plus qu’un simple ouvrage d’art : c’est relier deux mondes, deux quartiers, deux histoires intimes de Bayonne.
    Le premier pont, bâti vers 1150 et appelé “Pount de la gran mar”, était déjà un défi lancé aux courants et aux tempêtes. En bois, puis reconstruit maintes fois sous les assauts de l’Adour ou des guerres, il évolue jusqu’à prendre sa forme définitive en 1849 : un élégant tablier de pierre, composé de sept arches, dont la structure robuste permit, dès 1910, le passage du tramway.​
    Ce pont fut crucial : unique voie pour relier la France à l’Espagne, il marque le passage de la cité fortifiée vers le quartier Saint-Esprit, l’ancien faubourg des pèlerins, artisans et “étrangers” venus de toutes parts. Aujourd’hui, l’ouvrage, souvent embelli par les reflets des marées, reste un symbole de la vitalité bayonnaise et de sa capacité à franchir l’eau et les âges.

    Bayonne Street-Art

    Peña Taurine Bayonnaise

    Impossible de saisir la vitalité de Bayonne sans s’arrêter aux Peñas, ces associations festives et culturelles qui rythment la vie locale. Parmi elles, la Peña Taurine Bayonnaise s’affirme comme une institution incontournable : son histoire est celle de la passion partagée pour la tauromachie, mais aussi de l’amitié, de la convivialité et du goût de la fête.​
    Née dans le sillage des grandes ferias du sud-ouest, la Peña a su s’approprier d’anciens locaux — cases voûtées dans les remparts, échoppes, vieilles casemates — pour en faire des lieux d’accueil, tout en conservant l’épaisseur des murs, les arcades et l’humilité du décor.
    Au-delà de la tauromachie, les Peñas sont le cœur battant des Fêtes de Bayonne, organisant apéritifs, chants et animations dans un esprit de camaraderie fusionnelle. Leur architecture, modeste mais riche d’histoires, témoigne de l’art d’habiter la ville en la transformant, le temps d’une saison ou d’une soirée, en un vaste espace de partage et de joie populaire.

    Rue Sainte-Catherine

    Flâner dans la rue Sainte-Catherine, c’est s’immerger dans l’effervescence quotidienne de Bayonne. Cette artère commerçante, cœur vivant de la ville, associe boutiques traditionnelles et enseignes modernes.
    Entre vitrines attrayantes et façades colorées, la rue raconte la diversité et la vitalité commerciale de la cité basque, où le mélange entre l’ancien et le contemporain se fait naturel.
    S’y mêlent artisans, épiceries fines, et cafés typiques, offrant autant de moments d’échange et de convivialité. Ce poumon urbain incarne à lui seul l’esprit bayonnais, vibrant et ouvert.

    Gare de Bayonne

    À deux pas du fleuve, la gare de Bayonne s’impose avec élégance depuis le début du XXe siècle : long bâtiment rythmé d’arcades, tour-horloge, hall accueillant.​
    Ici, le premier train siffle dès 1854, inaugurant l’ère de la modernité et soudant la ville à tout le réseau du Sud-Ouest et de l’Espagne. La gare, installée initialement dans des bâtiments provisoires, sera reconstruite, agrandie, modernisée pour devenir pôle d’échanges régional : TGV vers Paris, Intercités, TER vers Saint-Jean-Pied-de-Port, Dax, Hendaye… Sur le parvis, bus locaux et taxis complètent le ballet incessant des voyageurs.
    Symbole de mobilité et d’ouverture, la gare de Bayonne n’est pas seulement une porte : c’est la promesse d’un ailleurs et d’un retour, le point de départ ou d’attache de tant de récits de la ville.

    DIDAM & Ongi Etorri

    Le long du quai, dans le quartier Saint-Esprit, se dresse le DIDAM — Direction Interdépartementale des Affaires Maritimes jadis, aujourd’hui espace d’art contemporain.
    Construit en 1933 par les frères Gomez, architectes prolifiques du Pays basque, le bâtiment se remarque d’emblée : façade d’une grande sobriété, inspirée du courant Art déco, porche monumental, colonnes cannelées, fronton orné des armoiries de Bayonne, cordages, rames et monstres marins en subtil écho aux activités portuaires.​
    Tout, ici, rappelle la vocation maritime et ouvrière du quartier. Dans les années 2010, la Ville réhabilite le bâtiment pour en faire, sous le nom de DIDAM, un haut-lieu de l’art visuel et de la photographie.
    Le résultat ? Un espace lumineux, ouvert à tous, fidèle à l’esprit d’hospitalité bayonnais, où patrimoine du XXe siècle et création contemporaine dialoguent au fil des expositions et des rencontres.

    Bayonne by night

    Pour conclure, il faut évoquer cette expression basque que l’on retrouve gravée sur bien des façades, panneaux et commerces de la ville : Ongi Etorri.
    Signifiant simplement “Bienvenue”, ce mot porte toute la générosité, l’accueil et la chaleur dont Bayonne fait preuve depuis des siècles.
    Dans une ville où se croisent cultures basque, gasconne et juive, où se mêlent pèlerins, négociants, artisans et visiteurs, Ongi Etorri rappelle l’essentiel : ici, chacun peut se sentir chez soi.
    Cette hospitalité est incarnée aussi par des lieux comme le DIDAM, qui ouvrent leurs portes à tous, dans un esprit de partage culturel et d’amitié.
    Bayonne, par cette invitation perpétuelle, insuffle une voix chaleureuse à son riche patrimoine et à son futur, toujours à découvrir.

  • Dax

    Dax

    Se rendre à Dax depuis Paris

    7H30

    3H45

    735km

    Découverte de Dax : ville d’ Histoire, de thermalisme et d’art urbain

    Dax, ou Aquae Tarbellicae pour les intimes de l’époque romaine, est bien plus qu’une station thermale. Située au carrefour des Landes, nous y découvrons une cité où l’eau jaillit à 64°C et où le street art bouscule les vieilles pierres. Ici, on prend le temps de vivre.

    Habituée au rouge et blanc des ferias, la ville nous offre aujourd’hui un visage plus serein. On quitte l’effervescence des fêtes pour une balade intimiste. C’est le moment idéal pour nous imprégner de l’âme dacquoise, entre murmures de l’Adour et parfums de pins.

    Arènes de Dax

    Direction les Arènes de Dax, inaugurées en 1913. Ce monument nous frappe immédiatement par son architecture elliptique et son style néo-mauresque, avec ses façades blanches et ses balustrades qui nous transportent instantanément en Andalousie. Pouvant accueillir jusqu’à 8 000 spectateurs, elles sont le temple de la course landaise, cette tradition gasconne où l’homme défie la vache sans mise à mort. C’est un lieu chargé d’adrénaline et d’histoire, où chaque brique semble encore résonner des musiques de la hastoy.

    En nous glissant dans les coursives, on ressent le poids de la tradition. Les murs sont parés de photos d’archives et d’informations captivantes sur les légendes de la piste. Explorer cette bâtisse massive de l’intérieur, c’est toucher du doigt l’âme festive de la région. On est impressionnés par la structure solide des gradins et l’ingéniosité de la construction qui permet de passer de la ferveur taurine au calme absolu des visites hors saison.

    Parc des Arènes de Dax

    Juste autour du bâtiment, nous nous accordons une pause dans le Parc des Arènes. Ce véritable poumon vert enveloppe majestueusement l’édifice principal et nous offre un havre de fraîcheur bienvenue. Avec ses allées sinueuses et ses arbres centenaires imposants, le parc est un chef-d’œuvre paysager qui évolue magnifiquement au fil des saisons. C’est l’endroit idéal pour nous ressourcer en observant les locaux jouer aux boules ou simplement admirer le contraste entre la pierre claire des arènes et le vert profond des pelouses.

    Place de la Course

    On poursuit vers la Place de la Course. Avant 1913, c’est ici, sur cette esplanade, que l’on montait des arènes provisoires en bois. Aujourd’hui, on adore s’y poser en terrasse. C’est le cœur social de Dax, là où les conversations s’animent autour d’un café.

    Enceinte gallo-romaine de Dax

    Soudain, le temps s’arrête : nous faisons face aux vestiges de l’enceinte gallo-romaine. Datant du IVe siècle, ces remparts sont parmi les mieux conservés de France. À l’origine, cette muraille de 10 mètres de haut était ponctuée de 40 tours circulaires ! En longeant les segments encore debout, on admire l’appareillage précis de pierres et de briques (le fameux opus mixtum). C’est le témoignage le plus frappant de la puissance d’Aquae Tarbellicae sous l’Empire romain, une forteresse qui a protégé la ville pendant des siècles d’invasions.

    Source de la Néhe

    Nous arrivons au cœur battant de Dax : la Source de la Néhe, du nom d’une déesse celte des eaux. C’est un spectacle fascinant de voir cette eau fumer dans son bassin monumental de style Toscan, jaillissant à une température constante de 64°C. Riche en sels minéraux et en oligo-éléments, elle est le secret de la réussite des cures dacquoises pour les rhumatismes. C’est ici que naît le fameux « Péloïde » de Dax, cette boue curative unique au monde, mélange de limon de l’Adour et d’eau thermale.

    Place des Salines

    Notre balade nous mène ensuite sur la Place des Salines. Si Dax est aujourd’hui célèbre pour ses eaux, elle l’était autrefois pour son « or blanc ». Jusqu’au XIXe siècle, on extrayait ici le sel de sources souterraines, une ressource stratégique qui a fait la fortune de la ville bien avant l’essor du thermalisme moderne. Bien que l’activité ait disparu, le nom de la place préserve cette mémoire industrielle. Aujourd’hui, c’est un carrefour social dynamique où l’on se plaît à imaginer les anciens convois de sel partant vers tout le pays.

    Fontaine Sévigné de Dax

    Petit détour historique à la Fontaine Sévigné. Ce n’est pas la plus imposante, mais c’est sans doute la plus littéraire ! La marquise de Sévigné, célèbre épistolière du XVIIe siècle, y séjourna en 1673 pour soigner ses rhumatismes. Elle fut si conquise par l’efficacité des eaux qu’elle en fit l’éloge dans ses célèbres lettres à sa fille. Cette « publicité » avant l’heure a grandement contribué à attirer la noblesse de l’époque à Dax, reliant ainsi la ville à la grande histoire de la littérature française.

    Juste à côté, nous ne pouvons résister à la Maison Cazelle. Fondée en 1906, cette boutique est un temple de la gourmandise. On y fabrique les fameuses madeleines de Dax selon une recette secrète transmise depuis cinq générations. Elles sont uniques : une croûte légèrement craquante qui cache un cœur d’un moelleux incomparable. C’est le goût authentique du terroir landais que nous emportons précieusement avec nous.

    Malgré l’odeur gourmande qui s’échappe de la boutique, notre promenade continue sans céder à la tentation.

    Petites rues du centre

    En nous enfonçant dans les petites rues du centre, nous découvrons le véritable charme de Dax. C’est un dédale sinueux où les façades anciennes dévoilent parfois des colombages typiques. On y trouve une ambiance de village : des librairies d’occasion, des brocanteurs et des ateliers d’artisans. En levant les yeux, on remarque que l’ancien et le nouveau se mélangent : une fresque moderne peut très bien habiter un mur vieux de trois siècles. C’est ici que l’âme de la ville bat le plus fort, loin des grandes artères.

    Musée de Borda

    Nous faisons une halte culturelle au Musée de Borda, installé dans la magnifique chapelle des Carmélites (XVIIe siècle). C’est le passage obligé pour comprendre les Landes. Entre les mosaïques romaines découvertes sous nos pieds et les collections d’ethnographie qui racontent la vie des bergers landais, le musée est une véritable machine à remonter le temps. La scénographie met parfaitement en valeur ce patrimoine éclectique, faisant le pont entre la science, l’art et les traditions locales.

    Légionnaire et son chien

    Au détour d’une place, nous saluons la statue du Légionnaire et son chien. C’est l’illustration de la légende fondatrice de Dax : un soldat romain, partant en campagne, aurait laissé son chien mourant de rhumatismes dans les boues de l’Adour. À son retour, il trouva l’animal miraculeusement guéri ! Cette histoire, bien que mythique, explique pourquoi Dax est devenue la première station thermale de France. C’est un hommage touchant aux vertus curatives du « péloïde », cette boue unique que nous utilisons encore aujourd’hui.

    Cathédrale Notre-Dame de Dax

    Dominant la ville de sa silhouette massive, la Cathédrale Notre-Dame nous attire. Reconstruite à la fin du XIXe siècle dans un style néo-grec et néo-byzantin, elle cache un trésor inestimable : le « Portail des Apôtres ». Ce vestige de l’ancienne cathédrale gothique du XIIIe siècle est un chef-d’œuvre de sculpture médiévale classé monument historique. L’intérieur est tout aussi impressionnant avec sa coupole peinte monumentale et son grand orgue, offrant un espace de silence et de majesté qui nous laisse sans voix.

    Malgré les nombreux camions de tournage, nous avons réussi à entrer dans la cathédrale.

    Square Max Moras

    Pour une pause au vert, nous nous dirigeons vers le Square Max Moras. Ce jardin paysager est un petit paradis de tranquillité en plein centre-ville. On y admire des massifs floraux travaillés avec soin et on profite des zones ombragées pour se reposer un instant. C’est l’endroit parfait pour observer la vie locale, entre les curistes qui profitent de leur temps libre et les enfants qui jouent. Un véritable écrin de sérénité qui montre que Dax sait aussi cultiver l’art de la flânerie.

    Nous apprécions fortement le square pour nous y abriter d’une pluie diluvienne.

    Mairie de Dax

    Passage obligé devant la Mairie de Dax, un bâtiment imposant qui incarne la fierté civique de la cité. Son architecture solennelle du début du XXe siècle, avec ses lignes classiques et sa prestance, souligne l’importance de la ville en tant que sous-préfecture. Située au carrefour des axes majeurs, elle symbolise la continuité administrative de cette ville qui, depuis l’Antiquité, a toujours su s’organiser et se réinventer pour rester un centre névralgique du département des Landes.

    La capitale landaise du street art

    Pour finir, nous changeons radicalement d’ambiance : Dax s’impose désormais comme la capitale landaise du street art. En nous éloignant un peu de l’hyper-centre, nous découvrons un « Urban Art Museum » à ciel ouvert. Des fresques monumentales recouvrent des murs entiers, réalisées par des artistes internationaux lors du festival « Résonances urbaines ». C’est un contraste saisissant et réussi avec les pierres romaines. Cette explosion de couleurs et de modernité prouve que Dax, loin de rester figée dans son passé thermal, est une ville résolument tournée vers la création contemporaine.

    Notre découverte de Dax touche à sa fin ! On repart avec cette impression d’avoir traversé les époques, entre vapeurs d’eau chaude et bombes de peinture. À bientôt pour de nouvelles aventures ! 😊

  • Amiens

    Amiens

    Se rendre à Amiens depuis Paris

    2H10

    1H20

    164 km

    Amiens : La Venise du Nord, entre Histoire, Art et Nature 🇫🇷

    Amiens, préfecture de la Somme et capitale historique de la Picardie, est une ville qui ne manque pas de charme, traversée par la Somme et ses nombreux canaux. Surnommée à juste titre la « Venise du Nord » grâce à ses Hortillonnages, elle offre un mélange fascinant de patrimoine médiéval, d’architecture moderne et d’espaces verts paisibles. Ville d’art et d’histoire, elle a vu naître et inspiré de grandes figures comme Jules Verne. Amiens est une destination surprenante, où l’on passe des ruelles pavées de son quartier historique à la contemplation d’une cathédrale majestueuse, tout en savourant une atmosphère conviviale. Préparez-vous à une balade riche en découvertes !

    Une Flânerie Amiénoise : D’Édifices Audacieux aux Jardins Flottants

    Pour cette belle et longue balade qui s’annonce, c’est ma soeur Émilie qui est de la partie. Cette découverte d’Amiens nous transportera à travers différentes époques, de la modernité audacieuse à la douceur de ses quartiers historiques, avant de nous immerger dans son patrimoine naturel unique. On y va ?

    Tour Perret

    13 Place Alphonse Fiquet, 80000 Amiens

    Notre balade commence dans la rue de l’hôtel dans lequel nous séjournons. En sortant, nous n’avons qu’à tourner la tête, pour admirer la Tour Perret. Dominant la ligne d’horizon, cette tour résidentielle de 104 mètres, achevée en 1954, fut pendant un temps le plus haut gratte-ciel d’Europe ! Conçue par l’architecte pionnier du béton armé, Auguste Perret, elle symbolise la reconstruction d’Amiens après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Son style épuré et sa structure en béton apparent témoignent d’une modernité audacieuse pour l’époque, et elle reste aujourd’hui une icône architecturale de la ville. On pourrait presque imaginer Jules Verne, du haut de ses 104 mètres, rêver à de nouveaux voyages extraordinaires !

    Parc René Goblet

    Place René Goblet, 80000 Amiens

    Non loin de la tour Perret, nous traversons ce ravissant petit jardin aux jolies statues, et à l’epaisse végétation. Ce parc urbain, nommé en hommage à René Goblet (1828-1905), homme politique et maire d’Amiens, le parc perpétue la mémoire de ce personnage influent, cofondateur du journal Le Progrès de la Somme.

    Son emplacement, autrefois occupé par le cimetière Saint-Denis (XIIIᵉ siècle), a connu plusieurs vies : transformé en atelier de salpêtre pendant la Révolution, puis en esplanade arborée à partir de 1825, il devient officiellement la Place Saint-Denis en 1828 avant d’être réaménagé en square par l’architecte François-Auguste Cheussey en 1839. Au fil du XXᵉ siècle, le parc a été marqué par les guerres (1918 et 1940) et s’est enrichi de monuments commémoratifs, comme la statue du Charles Dufresne du Cange et le monument aux Martyrs de la Résistance.

    Statue du Général Leclerc

    Au bout du.parc René Goblet, il est impossible de manquer l’imposant monument du maréchal Leclerc de Hauteclocque. Il rend hommage à l’un des grands libérateurs de la ville, chef de la 2e Division blindée, entrée à Amiens le 31 août 1944. Conçu par les frères Jan et Joël Martel avec l’architecte Jean Bossu, il a été inauguré en 1950. Élevée en pierre de Pouillenay, cette colonne monumentale de 12 mètres de haut est surmontée d’une sculpture du maréchal, représenté en marche, incarnant l’élan de la Libération. La croix de Lorraine gravée dans la pierre rappelle son engagement au sein de la France libre.

    Nous traversons ce petit îlot de verdure qui semble prolonger le Square Aimé Césaire, dont la majeure partie se situe de l’autre côté du carrefour. Cet espace est joliment aménagé avec des extraits des œuvres de Jules Verne et des sculptures.

    Maison de Jules Verne

    2 Rue Charles Dubois, 80000 Amiens

    S’il y a bien un musée à ne pas manque en visitant Amiens, c’est celui-ci. Je ne l’avais pas inclus dans le programme de la journée, mais sur insistance de ma soeur nous voici happé dans cet univers extraordinaire. C’est dans cette demeure que l’illustre écrivain vécut de 1882 à 1900, une période durant laquelle il écrivit une grande partie de ses « Voyages Extraordinaires », notamment Le Château des Carpathes ou Robur le Conquérant. La maison, transformée en musée, a été magnifiquement restaurée pour recréer l’atmosphère de l’époque. On y découvre son bureau, sa bibliothèque, le salon où il recevait, et des objets personnels qui racontent sa vie et son œuvre. Chaque pièce est une invitation au voyage et à l’imagination, nous permettant de marcher littéralement dans les pas de l’illustre personnage.

    Jardin d’hiver

    L’entrée de la Maison de Jules Verne se faisait par son magnifique jardin d’hiver, aujourd’hui classé aux Monuments Historiques. Typique des demeures bourgeoises du XIXe siècle, cet espace reflète l’essor de l’architecture en fer et en verre. Initialement orné de baies néogothiques, il fut étendu en 1901 avec une nouvelle aile et une ferronnerie de style Art nouveau. La présence de plantes tropicales soulignait le goût de l’époque pour l’exotisme et le voyage, des thèmes centraux qui résonnent parfaitement avec l’œuvre de Jules Verne, invitant l’imaginaire à s’évader dès le seuil de sa maison.

    La salle à manger de la Maison de Jules Verne, utilisée pour les grandes occasions, a conservé son décor d’origine et est classée aux Monuments Historiques depuis 1998. Elle illustre l’engouement du XIXe siècle pour le Moyen Âge à travers son style néo-gothique. Des éléments comme les arcs brisés, les quadrilobes ornant la cheminée et les portes, la frise, les vitraux et les marmousets (petits personnages sculptés) s’inspirent du répertoire ornemental médiéval. Le mobilier complète ce décor et des placards dissimulent la vaisselle de Jules Verne, incluant son service en porcelaine personnalisé.

    Les intérieurs de la demeure de Jules Verne au XIXe siècle reflètent un riche éclectisme, passant du néo-gothique de la salle à manger au néo-Louis XVI du Salon de Musique (classé Monument Historique). C’était dans ce salon que Jules et Honorine Verne recevaient amis et journalistes, Jules s’y adonnant parfois au piano. La pièce est ornée de répliques des portraits de l’écrivain par Gustave Wertheimer et de son épouse Honorine par Pierre de Coninck, ainsi que de photographies de famille. On y découvre l’histoire de sa fratrie : Paul, Anna, Mathilde, et Marie, affectueusement surnommée « le Chou » par Jules, dont le portrait par Désiré Mergaert est exposé, offrant un aperçu intime de la vie privée de l’auteur.

    En 1859, Jules Verne visite l’Écosse avec son ami Aristide Hignard et relate son voyage dans des notes qu’il utilise pour écrire Voyage en Angleterre et en Écosse, son premier manuscrit proposé à Pierre-Jules Hetzel, sans succès. Ce voyage influence par la suite ses romans Les Enfants du capitaine Grant (1867), Les Indes noires (1877) et Le Rayon vert (1882). En 1861, il part pour la Scandinavie avec Hignard, ce qui inspire Voyage au centre de la Terre (1864) et Un billet de loterie (1886). Attiré par le développement des États-Unis, il embarque en mars 1867, avec son frère Paul, pour visiter New York et les chutes du Niagara. C’est à bord du Great Eastern, le plus grand navire de l’époque, qu’il s’inspire pour écrire Une ville flottante (1871).

    Jules Verne, véritable passionné de la mer, posséda successivement trois navires, tous nommés « Saint-Michel » en hommage à son fils. Son premier bateau, le Saint-Michel (une chaloupe de 9 mètres acquise en 1868 et basée au Crotoy), fut une source d’inspiration pour son célèbre roman Vingt mille lieues sous les mers (1869-1870), grâce à ses croisières en Manche. En 1876, il rejoignit le Yacht Club de France et acquit un navire plus ambitieux, le Saint-Michel II, un cotre de 20 mètres avec lequel il sillonna la Manche. Enfin, en 1877, il fit l’acquisition du luxueux Saint-Michel III, un yacht à vapeur de 30 mètres doté d’un équipage de neuf hommes, de cabines et même d’un bureau. Ce dernier lui permit de naviguer jusqu’à Édimbourg et Copenhague, et de réaliser une longue croisière en Méditerranée en 1884, inspirant des romans comme Mathias Sandorf (1885) et L’Invasion de la mer (1905). Ces navires furent de véritables laboratoires flottants pour l’imagination de l’écrivain, nourrissant ses récits d’aventures maritimes.

    Publié en 1872, Le Tour du monde en quatre-vingts jours est devenu l’un des romans français les plus traduits et emblématiques. Son succès s’inscrit dans un contexte où le défi d’un voyage rapide autour du globe était déjà très populaire, notamment avec le premier tour du monde touristique organisé par Thomas Cook la même année. Le récit a engendré de nombreux produits dérivés et inspiré de véritables prouesses : en 1889-1890, les journalistes Nellie Bly et Elizabeth Bisland ont même surpassé le héros de Verne, Phileas Fogg, en réalisant leur propre tour du monde en 72 et 76 jours respectivement. Une carte publicitaire de 1877, proposant un tour du monde en dix mois, est exposée, révélant comment Jules Verne l’a utilisée pour esquisser le trajet d’un tour du monde aérien dans son roman Robur-le-Conquérant, montrant ainsi son processus créatif.

    L’œuvre de Jules Verne a connu une postérité cinématographique exceptionnelle, avec plus de 300 films adaptés de 35 de ses romans et nouvelles depuis l’invention du cinéma. Des titres comme Le Tour du monde en quatre-vingts jours (avec 24 adaptations) et Michel Strogoff (avec 23, dont les versions de 1926 et 1936) sont parmi les plus repris. Le plus célèbre film muet inspiré de son univers est sans conteste Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902), librement adapté de ses romans lunaires. Un riche ensemble d’affiches originales de ces innombrables adaptations est exposé dans le grenier de sa maison, témoignant de l’impact visuel et intemporel de son œuvre sur le septième art.

    Cirque Jules Verne – Pôle National Cirque Amiens

    Place Longueville, 80000 Amiens

    A quelques encablures de sa maison, et en lien direct avec sa passion pour le spectacle, se dresse l’impressionnant Cirque Jules Verne. Inauguré en 1889 en présence de Jules Verne lui-même, ce cirque en dur, qui n’est pas sans rappeler le cirque d’hiver à Paris, est l’un des rares de cette envergure encore existants en France. Son architecture octogonale, avec sa coupole métallique, est remarquable. Aujourd’hui, bien plus qu’un simple cirque, c’est un lieu de diffusion et de formation dédié aux arts circassiens contemporains. Des représentations y ont régulièrement lieux, pour cela il suffit de consulter le site du Cirque Jules Verne.

    Bibliothèque Louis Aragon

    50 Rue de la République, 80000 Amiens

    Nous remontons par la rue de la république, pour passer devant la Bibliothèque Louis Aragon, et faire une petite pause pour admirer ce bel édifice. Elle se distingue autant par son architecture que par la richesse de son patrimoine. Édifiée entre 1823 et 1825 sur les plans de l’architecte François-Auguste Cheussey, elle adopte un style néo-classique sobre et élégant, marqué par l’usage de pierre calcaire issue des anciennes fortifications de la ville. Plusieurs campagnes d’agrandissement, dont une extension contemporaine en 1982, ont permis d’adapter ce bâtiment historique aux besoins modernes, tout en conservant ses façades et décors intérieurs protégés au titre des monuments historiques depuis 1979.

    La bibliothèque Louis-Aragon joue un rôle central au sein du réseau des Bibliothèques d’Amiens Métropole, créé en 2000. Elle incarne à la fois un lieu d’accueil, de culture et de mémoire. Classée pour l’importance de ses collections, elle est dépositaire d’un riche fonds patrimonial, dont plus de 2 500 manuscrits, certains d’époque carolingienne, des incunables, des archives anciennes, ainsi que la prestigieuse Collection Charles de l’Escalopier, offerte à la ville en 1866. On y trouve également la Collection Jules Verne, source majeure des objets exposés à la Maison de l’écrivain.

    Par ailleurs, la bibliothèque mène des actions en faveur de la création contemporaine à travers son artothèque, son fonds musical régional CD’ICI !, ou encore son espace image et son. Lieu d’étude, de découverte et d’échange, elle accueille aussi l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d’Amiens, ainsi que l’association Éklitra, confirmant son rôle de carrefour intellectuel et culturel au sein de la métropole amiénoise.

    Musée d’Amiens

    Rue de la République, 80000 Amiens

    Temple de l’Église Réformée de la Somme & l’église Saint Jacques

    Rue Saint-Jacques, 80000 Amiens

    Nous prenons la direction de l’est, pour nous rendre au temple protestant d’Amiens. Ce lieu de culte discret situé au 24 rue Jean Catelas, n’en est pas moins chargé d’histoire. Le protestantisme s’implante à Amiens dès les années 1830, notamment grâce à des industriels britanniques comme James Carmichael et John Maberly, qui financent la construction d’un premier temple en 1845. Cet édifice est malheureusement détruit lors des bombardements du 19 mai 1940. Le temple actuel, bâti en 1951-1952 par l’architecte amiénois Benjamin Maneval, présente une architecture sobre et fonctionnelle en brique, caractérisée par six piliers massifs supportant un fronton triangulaire. Aujourd’hui, il abrite la paroisse protestante membre de l’Église protestante unie de France, perpétuant une tradition de foi discrète mais ancrée dans l’histoire industrielle et spirituelle de la ville.

    Église Saint Jacques

    Juste à côté, l’Église Saint-Jacques d’Amiens, ayant connu de multiples reconstructions, est un symbole de résilience. D’abord édifiée au XVe siècle, elle fut démolie en 1833, rebâtie en 1835 (par François-Auguste Cheussey), puis gravement endommagée par un incendie en 1857 et les bombardements des guerres mondiales (1918 et 1940). Elle fut finalement restaurée dans un esprit contemporain en 1964. De style néoclassique, l’église se distingue par sa façade à portique inspirée de l’architecture grecque, une nef de près de 20 mètres de haut avec des pilastres doriques, et un clocher en retrait. Son décor intérieur est signé Lefebvre-Daussy et Nicolas Cauchemont, et l’orgue actuel, conçu en 1963, perpétue sa tradition musicale.

    Pour l’anecdote, en passant devant son portail sud, nous sommes interpelés par un bruit électrique anormalement fort, comme si un défaut électrique se produisait à intervalle régulier et très rapproché. Au même moment d’autres passants se posent les mêmes questions et pour le contexte, nous sommes au lendemain d’un important orage et nous partageons notre inquiétude quant à la possibilité d’un appareil ou éclairage qui aurait pu être endommagé par la foudre. Une passante décide d’appeler la police qui redirige l’appel auprès des pompiers… Nous attendons quelques minutes leur venue, inquiet… Lorsque le camion s’arrête devant nous sirène hurlante, le pompier descend et nous informe qu’il s’agit-là d’un effaroucheur à pigeons… La honte. Nous nous sommes tous excusés auprès de ces hommes intervenus pour rien.

    Place au Fil

    Place au Fil, 80000 Amiens

    Beffroi d’Amiens & Malmaison

    La Place au Fil est un point névralgique de la vie commerçante locale. Son nom évoque l’histoire des métiers liés à l’eau et au textile (« fil ») qui animaient autrefois ce secteur bordé par les canaux de la Somme. Aujourd’hui encore, cette place entourée de maisons anciennes, réuni de nombreux cafés et restaurants et le marché y prend place tous les mercredis et samedis autour du Beffroi.

    En parlant du Beffroi, il est Inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2005. Ce monument historique, dont la base remonte au XIIe siècle, est un puissant symbole de l’acquisition du statut de commune par Amiens en 1117 et de son émancipation. Au fil des siècles, le Beffroi a traversé de nombreuses épreuves, notamment des incendies (en 1562 et 1742) et les bombardements de la Seconde Guerre mondiale en 1940, qui ont détruit sa toiture et causé la chute de sa cloche de 11 tonnes, « Marie-Firmine ». Reconstruit à plusieurs reprises, notamment au XVIIIe siècle pour lui donner son aspect actuel, et restauré en 1989-1990, il arbore un nouvel « Ange de la Renommée » à son sommet depuis 1990.

    Non loin de là, en contournant quelques bâtiments à droite en direction du fond de la place au Fil, se trouve la Malmaison, aussi connue sous le nom de Maison du Bailliage. Cette étrange et belle maison, située derrière l’Hôtel de Ville, était l’ancienne résidence du bailli d’Amiens, premier magistrat de la ville. Son nom proviendrait de « Mallum Publicum », désignant le lieu de l’Assemblée de Justice à l’époque carolingienne. L’édifice actuel, datant du XVIe siècle (plus précisément de 1541), a été un siège de la justice royale jusqu’à la Révolution. Bien que sa façade, classée Monument Historique depuis 1941, soit d’un style gothique flamboyant avec des sculptures Renaissance, la majeure partie du bâtiment a été détruite par les bombardements de mai 1940 et intégrée dans une nouvelle construction après 1945. La Malmaison abrite aujourd’hui le service des finances de la ville, mais sa façade reste un témoignage précieux de l’architecture civile d’Amiens et de son riche passé judiciaire.

    Quartier Saint Leu

    Nous voici en direction d’un des quartiers les plus connus de la ville : Saint-Leu. Traversé par les bras de la Somme, le quartier de Saint-Leu est surnommé la « Petite Venise du Nord ». Né au Moyen Âge des activités artisanales liées à l’eau, il offre aujourd’hui des ruelles charmantes, bordées de maisons colorées et animées par des boutiques, cafés et restaurants. Point de convergence entre la ville haute et la ville basse, Saint-Leu abrite le Théâtre de Marionnettes Chés Cabotans d’Amiens et ses célèbres « cabotins » menés par Lafleur, ainsi que les derniers moulins historiques comme Passe-Avant et Passe-Arrière que nous n’allons pas tarder à découvrir. Tout au long de l’année, ce quartier vivant est le théâtre d’événements culturels variés, dont le traditionnel Marché sur l’eau et les Médiévales au bord de l’eau ou encore des festivals comme aujourd’hui.

    Ruine de l’hôtel-dieu

    63 Rue St Leu, 80000 Amiens

    Et c’est par un décors assez surprenant que nous découvrons le quartier. Ces vestiges sont les témoins de l’ancien hôpital médiéval d’Amiens, une institution fondamentale qui accueillait les malades, les pauvres et les pèlerins. Détruit en partie lors des bombardements et par l’érosion du temps, il ne reste que des fragments de cette structure autrefois essentielle.

    Moulin Passe-Avant

    C’est pas vraiment le style du quartier qui est dépeint dans l’introduction me direz-vous ! C’est environ 200 mètres plus au nord que nous arrivons devant un nouveau bâtiment un peu fatigué par le temps.

    Ces bâtiments racontent l’histoire industrielle de la ville depuis près de neuf siècles. Ce moulin à eau témoigne d’une époque où la Somme animait de nombreuses activités artisanales.
    Dès le XIIe siècle, les bras de la Somme accueillaient de multiples moulins et au XVe siècle on en comptait pas moins de 25. Reconstruit en 1528 sur quatre niveaux en pans de bois et torchis, ce moulin à eau appartenait à l’évêché et au chapitre de la cathédrale, comme tous ses homologues du quartier de Saint-Leu. Son nom particulier provient de sa priorité hydraulique sur le bras des Clairons, bénéficiant du débit d’eau avant le moulin voisin, le Passe-Arrière.
    Au fil des siècles, le moulin a su s’adapter aux évolutions économiques locales. D’abord destiné à la production de farine, il s’est reconverti dans la fabrication de moutarde puis dans l’industrie teinturière. Sa roue à aubes, aujourd’hui de type Poncelet, a longtemps été le moteur de ces activités successives. Au XIXe siècle, elle alimentait notamment la fabrique de moutarde Brûlé, avant que le site ne devienne une teinturerie au XXe siècle.
    Abandonné pendant des décennies, le Moulin Passe-Avant a retrouvé ses lettres de noblesse grâce à sa classification en Monument Historique le 2 décembre 1986. Amiens Métropole l’a acquis pour un euro symbolique en 2007, avant d’entreprendre sa restauration complète à partir de 2014. Ces travaux ont permis de préserver ses éléments architecturaux remarquables : sablières moulurées, poteaux ornés de masques sculptés, et une vierge aux rayons finement ciselée sur le poteau cornier.

    La Citadelle d’Amiens

    Rue des Français Libres, 80000 Amiens

    Arrivé en haut de la rue Saint-Leu, il est impossible de manquer l’imposante Citadelle dont les remparts se fondent presque dans la végétation. Nous allons y faire un petit crochet avant de retourner se balader dans les canaux. Construite au XVIe siècle sur ordre du roi Henri IV, cette vaste forteresse militaire visait à protéger la ville des invasions, notamment espagnoles. Avec ses bastions, ses courtines et ses fossés, elle représentait un redoutable système défensif. Longtemps caserne militaire, la Citadelle a connu une transformation spectaculaire et audacieuse. Elle abrite aujourd’hui le campus universitaire de l’Université de Picardie Jules Verne, avec des bâtiments modernes conçus par Renzo Piano, intégrés harmonieusement aux vestiges des remparts. C’est un exemple fascinant de reconversion du patrimoine, où l’histoire et le savoir se côtoient, prouvant que même les vieilles pierres peuvent avoir une nouvelle jeunesse !

    Rue des Becquerelles

    En redescendant de la Citadelle, nous replongeons dans l’ambiance si particulière du quartier Saint-Leu. C’est le quartier historique des tanneurs, teinturiers et meuniers, avec ses canaux bordés de maisons à pans de bois colorées. Les ponts enjambent l’eau, les péniches amarrées et les reflets des façades dans la Somme donnent à Saint-Leu son surnom de « petite Venise du Nord ». C’est un quartier vivant, riche en petits restaurants, bars et boutiques d’artisans, idéal pour flâner et s’imprégner de l’atmosphère unique d’Amiens. On ne s’en lasse pas !

    Le quartier est également un véritable musée à ciel ouvert pour le street art, avec des œuvres de toutes tailles. Du petit personnage culte niché au coin d’une rue à l’immense fresque recouvrant tout un mur, la couleur est la véritable reine de ce quartier.

    Horloge Dewailly

    9-11 Rue des Sergents, 80000 Amiens

    Voici un bon moment que nous arpentons les canaux du quartier de Saint-Leu et il est désormais temps de découvrir d’autres endroits. Et c’est en déambulant que nous passons à côté de cette remarquable Horloge Dewailly et Marie-sans-chemise. Aujourd’hui située Place Dusevel à Amiens, est la fidèle reconstitution de celle qui ornait la Place Gambetta avant 1940. Nommée en hommage à Louis Dewailly, ancien maire ayant fait un legs généreux pour son édification, elle fut conçue en 1896 par l’architecte Émile Ricquier. Surplombant une colonne métallique Art Nouveau, ses trois cadrans éclairés servaient les passants à une époque où les montres étaient rares. En 1898, une statue en bronze, allégorie du Printemps œuvre d’Albert Roze, y fut adossée. Rapidement surnommée « Marie-sans-chemise » par le poète Édouard David en raison de sa nudité, cette figure est la seule partie d’origine de l’horloge actuelle. Mise à l’abri des bombardements en 1940, elle fut retrouvée seule après la guerre, tandis que la colonne originale gisait rouillée. Après avoir été exposée isolément, l’horloge a finalement été fidèlement reproduite et inaugurée Place Dusevel le 31 décembre 1999, marquant l’entrée dans le XXIe siècle à quelques mètres de son emplacement initial.

    Place Notre Dame

    Après un petit tour dans le quartier de la Cathédrale, nous nous en rapprochons par la Rue Porion ou se trouve de jolies maisons et des portes monumentales. Nous descendons vers la Place Notre-Dame ou l’immense parvis s’ouvre devant la cathédrale. C’est un espace vaste et dégagé, conçu pour mettre en valeur l’édifice religieux. La place est le point de convergence des rues du centre-ville, souvent animée par le marché de Noël en hiver ou par les terrasses de cafés aux beaux jours. Elle offre une perspective incroyable sur la façade occidentale de la cathédrale, permettant d’en apprécier pleinement la grandeur avant d’y pénétrer. Par beau temps, n’oubliez pas vos lunettes de soleil, le sol est éblouissant !

    Cathédrale Notre-Dame d’Amiens

    30 Place Notre Dame, 80000 Amiens

    Mais quel édifice !! Nous voici enfin devant le clou du spectacle : la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est tout simplement la plus vaste cathédrale de France par son volume intérieur (200 000 m³), et l’un des chefs-d’œuvre de l’art gothique classique du XIIIe siècle. Sa construction débuta en 1220 et fut remarquablement rapide pour l’époque, ce qui lui confère une grande unité stylistique.

    Sa façade occidentale est un chef-d’œuvre de sculpture, avec ses trois grands portails richement ornés de statues, dont le célèbre « Beau Dieu » du portail central. À l’intérieur, la hauteur des voûtes, la finesse des colonnes et la richesse des vitraux (même si beaucoup ont été remplacés) sont à couper le souffle. On y admire les stalles du chœur, un ensemble de boiseries sculptées du début du XVIe siècle d’une finesse incroyable, racontant des milliers d’histoires. Amiens a la chance de posséder une cathédrale dont la statuaire est particulièrement bien conservée. Chaque détail est une merveille d’ingéniosité et de dévotion. C’est un moment de contemplation et d’émerveillement garanti.

    Chiffres clés – Cathédrale d’Amiens

    Cathédrale d’Amiens en chiffres

    800
    Ans d’histoire
    Construction débutée en 1220
    200 000
    Deux fois Notre-Dame de Paris en volume
    145
    Mètres
    Longueur d’est en ouest
    42,3
    Mètres
    Hauteur sous voûte
    885 000
    Visiteurs
    Touristes par an

    En remontant la Rue de la Dodane, il ne faut pas hésiter à se retourner en passant le pont, le point de vue sur la cathédrale est superbe ! Et rappel un peu celui de la Groenplaats d’Anvers

    Comme vous l’aurez deviné, notre exploration nous ramène dans le quartier de Saint-Leu. Bien que nous l’ayons déjà traversé, de nombreuses rues et recoins nous attendaient encore. C’est un endroit véritablement exceptionnel : vivant, plein de charme et d’une richesse colorée qui en fait un de mes coup de cœur.

    Parc Saint-Pierre

    Chemin de Halage, 80000 Amiens

    Après tant d’émotions architecturales, une pause s’impose au Parc Saint-Pierre, un vaste espace vert situé à proximité de la cathédrale et du quartier Saint-Leu. Aménagé sur d’anciens marais asséchés, ce parc offre des pelouses spacieuses, un grand plans d’eau et diverses aires de jeux. C’est l’endroit idéal pour se détendre ou pique-niquer. Le Parc Saint-Pierre (avec les Hortillonnages) est un poumon vert de la ville, apprécié des Amiénois et des visiteurs pour sa tranquillité.

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  • Brive-la-Gaillarde

    Brive-la-Gaillarde

    Se rendre à Brive-la-Gaillarde depuis Paris

    4H35

    4H40

    480 km

    Bienvenu à Brive-la-Gaillarde ! Nous sommes ici au cœur de la Corrèze, dans une charmante ville qui allie tradition et modernité. Connue pour son patrimoine historique, elle offre un cadre de vie agréable avec ses rues pavées, ses maisons en pierre et ses places animées. Brive est l’une des deux sous préfecture de Corrèze, une ville dynamique à découvrir sans plus attendre. C’est aussi un point de départ idéal pour explorer les paysages pittoresques de la région, entre vallées verdoyantes et villages typiques.

    Château d’eau de Brive

    Nous commençons notre visite de la ville par le Château d’eau de Brive, un édifice emblématique qui se visite gratuitement pendant les horaires d’ouverture de l’Office du Tourisme.

    Mais est-ce un château d’eau ou un phare ?

    Le « Phare » de Brive, malgré son apparence, n’a jamais guidé de navires. En réalité, il s’agit d’un ancien château d’eau construit en 1834 pour approvisionner la ville en eau. Conçu par l’architecte M. Limousin, il allie utilité et symbolisme, inspiré par l’histoire préhistorique de la région, autrefois recouverte par la mer. Ce bâtiment imposant servait aussi de lieu de rassemblement pour les notables et de signal pour le marché de gros.

    Aujourd’hui, inscrit aux Monuments historiques, le « Phare » est un incontournable de Brive. Situé dans un jardin méditerranéen, il abrite l’office de tourisme. Il offre une vue panoramique sur la ville depuis sa tour accessible aux visiteurs. Le bâtiment, qui mesure 22,50 m de hauteur et possède 98 marches pour accéder au sommet, est ouvert gratuitement pendant les horaires d’ouverture de l’office de tourisme. Une visite idéale lors de votre passage, notamment un samedi, pour profiter de l’ambiance du marché briviste !

    Passage du Sanglier

    A l’angle du Boulevard Général Koenig et de la Rue Toulzac, il y a plus d’un siècle, les sangliers faisaient déjà parler d’eux à Brive, en Corrèze. En 1921, un sanglier, poursuivi par des chasseurs, s’est aventuré en ville et a défoncé la vitrine d’une chemiserie, un incident qui est resté dans les mémoires. Deux plaques marquent aujourd’hui le passage de l’animal, et la boutique s’est appelée « Au sanglier » par la suite. Une histoire que les guides locaux aiment raconter lors des visites de la ville.

    Plus tard, dans les années 1930, un autre sanglier se rendait à des banquets au restaurant La Truffe noire, où il circulait entre les tables avant de finir à la rôtisserie. Aujourd’hui, son blason orne encore le restaurant, rappelant cette époque insolite où le sanglier était un invité d’honneur.

    Nous visitons Brives durant une fin de journée ensoleillée du mois de septembre, offrant une agréable et chaleureuse lumière dorée sur la ville. Son centre historique est majoritairement piéton, cela rend la visite et les flâneries très agréables.

    Place du 15 Août 1944

    Quand on l’attaque, la Gaillarde contre-attaque ! C’est à ce moment que le nom de « gaillarde » a été remis au goût du jour. Quelques siècles plus tôt, le roi d’Angleterre qualifiait déjà Brive ainsi. La raison ? Brive était ceinturée de remparts et pouvait donc se défendre toute seule.

    Quelques siècles plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, Brive fut la première ville de France à se libérer par ses propres moyens.

    Grand hôtel de Bordeaux

    Cette ancienne auberge a accueilli de nombreuses têtes couronnées : le pape Pie VII en 1814, le roi d’Espagne Ferdinand VII, la duchesse d’Angoulême et son mari le duc… Fondé au XIXe siècle, cet endroit témoigne de l’élégance et du raffinement de l’époque. Avec son architecture classique et ses intérieurs somptueux, il offre un cadre luxueux et accueillant pour les voyageurs.

    Cinéma Rex

    Le Cinéma Rex de Brive-la-Gaillarde est un lieu culturel emblématique, construit en 1932. Il propose une programmation variée avec des films nouveaux et classiques, ainsi que des événements culturels et des festivals. C’est un endroit incontournable pour les amateurs de cinéma et les passionnés de culture.

    Avec une architecture de luxe des Années folles, le Rex est le premier cinéma parlant de l’histoire de la ville. Le cinéma est un loisir premier des Français en cette période. L’architecte C. Villeras assume le style Art déco et le grand bâtiment « à quai » en 1958. Sous nom, le « Rex », s’inscrit dans la ligne des grands cinémas parisiens comme le « Grand Rex » ouvert à Paris en 1932. Une modernité bienvenue pour les Brivistes qui fréquentent assidûment le nouvel établissement accessible par une allée paysagère et illuminée aujourd’hui disparue. Depuis 2016, le cinéma est un service public municipal et la salle enrichit sa programmation avec des actions d’éducation à l’image et sensibilise la jeune génération aux regards singuliers du 7ème Art.

    Rue de la République

    Un clin d’œil à la préhistoire en plein centre-ville : Cette fresque gigantesque transporte les passants au cœur de la vallée de la Vézère, célèbre pour ses nombreuses grottes ornées. C’est une façon originale et ludique de (re)découvrir notre histoire.
    Une œuvre collaborative : Réalisée par les artistes Sismik et Azot, cette fresque est le fruit d’un travail minutieux et d’une véritable passion pour l’art préhistorique.
    Un hommage à la grotte de Lascaux : L’une des particularités de cette fresque est qu’elle s’inspire directement d’une photographie prise à l’entrée de la grotte de Lascaux. C’est un clin d’œil évident à cette découverte archéologique majeure.
    Une fresque qui suscite la curiosité : En plus d’être esthétiquement réussie, cette fresque a pour vocation de susciter la curiosité des passants et de les inciter à en apprendre davantage sur la préhistoire.

    Fontaine Bourzat (Saint-Martin)

    Au cœur de Brive, la fontaine Bourzat se distingue comme un hommage à Pierre-Siméon Bourzat, figure marquante du XIXe siècle et défenseur des idéaux républicains. Cet édifice néoclassique, surmonté d’un buste réaliste de Bourzat, reflète la détermination et les combats de cet homme politique pour la liberté et l’égalité.

    Bourzat, en raison de la boue, comme c’était son habitude, portait des sabots. Qui prendreait Bourzat pour un paysan se tromperait : c’est un bénédictin Bourzat. Imagination méridionale, intelligence vive, fine lettrée, ornée dans sa tête de l’Encyclopédie et des sabots à ses pieds : pourquoi pas ? Il est esxprit et peuple.

    Victor Hugo

    Autour du buste, des inscriptions gravées relatent les moments clés de sa vie, ancrant cet espace dans l’histoire de la République française. Bien plus qu’un simple élément du paysage urbain, la fontaine Bourzat est un lieu de mémoire, rappelant les luttes et les aspirations des générations passées.

    Collégiale Saint-Martin de Brive-la-Gaillarde

    La collégiale Saint-Martin de Brive est un édifice religieux emblématique construit au XIIe siècle à Brive-la-Gaillarde, place Charles-de-Gaulle, dans le Limousin. Elle est classée au titre des monuments historiques en 1862 et offre un cadre spirituel et historique unique. La collégiale Saint-Martin est un lieu de culte important pour la communauté locale et un site incontournable pour les amateurs d’art et d’histoire. Elle a été construite au haut Moyen Âge, sur une petite butte, à l’emplacement du tombeau de saint Martin l’Espagnol2, martyrisé et mort à Brive. Le premier édifice est mentionné par Grégoire de Tours. Les fouilles ont permis de trouver des vestiges de la chapelle primitive et une crypte archéologique avec des éléments de nécropole mérovingienne. La collégiale a été agrandie au XIe siècle et gérée par un collège de chanoines qui ont adopté la règle de saint Augustin. Les statuts et les biens du prieuré sont confirmés par le pape Eugène III, puis par le pape Innocent III et en 1231 par le pape Grégoire IX. Cependant, les chanoines ont abandonné la vie commune en 1574 et ont assuré le service divin jusqu’à la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Le cloître a été détruit en 1764 et les bâtiments conventuels acquis par la ville et détruits en 1835. L’église est devenue église paroissiale et a été classée monument historique en 1862.

    Place Charles de Gaulle

    La Place Charles de Gaulle de Brive-la-Gaillarde est entourée de bâtiments historiques et de commerces, elle offre un cadre animé et convivial. On y retrouve régulièrement des événements culturels, des marchés et des manifestations, contribuant ainsi à la vie dynamique et culturelle de Brive-la-Gaillarde.

    Archives municipales

    La maison Cavaignac est un bâtiment classé monument historique depuis 1927. L’édifice a été construit au XIVe siècle et a été utilisé comme couvent de Clarisses, puis comme lieu d’enseignement pour les séminaires et le musée municipal. L’ancien parloir a été démoli en 1897 et l’escalier du XVIIe siècle a été détruit lors de la transformation de l’appartement en 1983-1984. Le bâtiment actuel est le résultat de plusieurs phases de construction et de modification au fil des siècles.

    Conservatoire de Brive

    Le Conservatoire de Brive-la-Gaillarde est une institution culturelle et éducative située Rue Dr Massenat. Fondé pour promouvoir l’enseignement des arts, il offre une large gamme de cours en musique, danse et théâtre. Le conservatoire accueille des élèves de tous âges et de tous niveaux, leur permettant de développer leurs talents artistiques dans un cadre professionnel et stimulant. Il organise également des concerts, des spectacles et des événements culturels, contribuant ainsi à la vie artistique et culturelle dynamique de Brive-la-Gaillarde.

    Musée Labenche

    Le musée Labenche, également appelé musée d’art et d’histoire de Brive-la-Gaillarde, est un musée situé dans l’hôtel Labenche, classé monument historique depuis 1886, il a été acheté par la ville en 1906. Le musée a été fondé en 1879 et a ouvert ses portes en 1883 dans l’ancien couvent des Clarisses. Et c’est en 1978 qu’il a été décidé de transférer le musée à l’hôtel Labenche après une restauration du bâtiment. Le musée abrite une collection pluridisciplinaire avec des collections archéologiques, beaux-arts, numismatiques et ethnographiques. Il possède également une collection unique en France de dix pièces de tapisserie réalisées par la manufacture royale de Mortlake.

    Palais de Justice

    Construit au XIXe siècle, ce bâtiment imposant est un exemple remarquable de l’architecture néoclassique. Le Palais de Justice abrite les principales institutions judiciaires de la ville, telles que le tribunal de grande instance et le tribunal de commerce.

    Square Germain Auboiroux et Square Charles Boudy

    Étonnant ces arbres n’est-ce pas ? Ils ont retrouvés une seconde vie grâce à trois grimpeurs élagueurs municipaux qui ont sculpté leurs troncs. Ne te fait-il pas penser à une main venue de l’espace ?

    Place du Civoire

    Sur le chemin du parking, nous passons pas cette jolie et adorable petite place. La place du Civoire et des Patriotes Martyrs, l’une des plus anciennes de Brive, est un lieu chargé d’histoire. Elle rend hommage au rôle historique de la ville qui, pour rappel, est la première de France à s’être libérée par ses propres moyens de l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.

    En 2005, cette place a été réhabilitée pour retrouver son charme d’antan. Jadis transformée en parking, elle a été débarrassée des voitures pour redonner vie à son caractère historique. Une fontaine a été réinstallée, rappelant l’époque où les animaux des foires, qui se tenaient à proximité de l’église, venaient y boire. Ce retour aux sources redonne à la place son authenticité et son atmosphère conviviale.

    Le site a également été embelli de chênes verts et d’un sol en granit local, un clin d’œil à la richesse naturelle de la Corrèze. Des marches, conçues comme des gradins, offrent une ouverture accueillante sur la rue Toulzac et invitent à la flânerie ou à un moment de détente. Aujourd’hui, cette place incarne un équilibre parfait entre mémoire historique et modernité conviviale, en plein cœur de la ville.

  • Collonges-la-Rouge

    Collonges-la-Rouge

    Se rendre à Collonges-la-Rouge depuis Paris

    4H45

    6H20

    499 km

    Collonges-la-Rouge, classé parmi les Plus Beaux Villages de France

    Nous profitons de l’été indien pour passer quelques jours en Corrèze, explorant les petits villages à la recherche de paysages pittoresques. C’est dans la vallée de la Dordogne que nous découvrons Collonges-la-Rouge, un village surnommé le rubis de la région et classé parmi les Plus Beaux Villages de France. Pour en profiter pleinement avant l’affluence touristique, nous décidons de partir de bon matin afin de découvrir ce magnifique petit village médiéval, également surnommé la « cité aux 25 tours ».

    local_parking

    Afin de préserver l’état du village, les voitures n’y sont pas autorisées. Cependant, ne vous inquiétez pas, le parking gratuit de La Veyrie se trouve à environ 450 mètres, soit à 5 minutes à pied.

    Nous tombons immédiatement sous le charme des maisons en grès rouge. Le village, encore endormi sous un soleil matinal, offre une ambiance presque idyllique. Avec seulement 480 habitants, il est facile de profiter des lieux sans se bousculer, même si la renommée de Collonges-la-Rouge attire chaque année de nombreux visiteurs. Nous apprécions flâner dans les ruelles étroites et sinueuses, découvrant au passage ses bâtiments anciens, maisons à colombages, musées, châteaux et tours fortifiées.

    Castel de Maussac

    En arrivant à Collonges-la-Rouge, nous sommes immédiatement captivés par le Castel de Maussac. Construit en 1583, ce château privé allie patrimoine historique et hébergement moderne, avec un gîte pouvant accueillir jusqu’à six personnes. Accessible par un portail orné du XVIIe siècle, le Castel de Maussac se distingue par son architecture singulière en forme de deux « L » et ses imposantes tours carrées coiffées de toits en poivrière. Le dernier propriétaire notable, l’abbé Maussac, fut au service de la famille de Napoléon, ajoutant une touche d’histoire fascinante à ce lieu.

    À proximité, nous trouvons l’ancienne gare du tramway, construite en 1912 pour relier Turenne à Beaulieu-sur-Dordogne. Surnommée « le Tacot », cette gare a fonctionné pendant vingt ans, jusqu’en 1932, avant d’être supplantée par les autobus. Restaurée en 1982, elle accueille aujourd’hui le point touristique de la ville et un musée gratuit dédié à l’histoire du tramway. Ce petit musée, ouvert du printemps à l’automne, propose des expositions temporaires et des événements culturels, offrant un aperçu intéressant de l’histoire locale.

    Rue de la Barrière

    Nous nous engageons ensuite dans la Rue de la Barrière, l’une des principales artères de Collonges-la-Rouge. Cette rue traverse le cœur historique du village avec son tracé étroit et sinueux, bordé de pavés en grès rouge et de nombreux dénivelés. Elle incarne parfaitement le charme du village. Au fil de notre promenade, nous découvrons des portes sculptées et des fenêtres à meneaux, témoins de l’architecture médiévale.

    Parmi les points d’intérêt, nous trouvons la fontaine publique datant du XVIe siècle, un lieu de rencontre historique pour les villageois. La Maison de la Sirène, une bâtisse à colombages du XVe siècle, attire également notre attention avec ses détails architecturaux bien préservés. Nous visitons également le musée du patrimoine, qui retrace l’histoire du village à travers une collection d’objets et de documents, offrant une immersion dans le passé de Collonges-la-Rouge.

    Fontaine publique

    Nous arrivons à la fontaine publique de Collonges-la-Rouge, un lieu emblématique alimenté par une source naturelle provenant de la colline surplombant le village. Son bassin octogonal en pierres est surmonté d’une colonne en pierre de taille et a été restauré à plusieurs reprises au fil des siècles, notamment en 1858 et en 1982. Plus qu’un simple point d’eau, cette fontaine était un lieu de rencontre où les villageois venaient puiser l’eau, laver leur linge et échanger des nouvelles. Aujourd’hui, elle incarne l’histoire et la vie traditionnelle de Collonges-la-Rouge, ajoutant une touche d’authenticité à notre visite.

    Le soleil qui se reflète sur les pierres donne un charme fou au village.

    La Halle Fermière

    Nous continuons notre promenade jusqu’à la Halle Fermière, un espace accueillant qui regroupe un restaurant et une épicerie fine. Cet endroit attire tant les fins gourmets que les amateurs de produits régionaux. L’atmosphère chaleureuse invite à s’attarder pour déguster une cuisine française traditionnelle, valorisant les saveurs authentiques de la Corrèze.

    Dans l’épicerie fine, le choix de produits du terroir est vaste : fromages affinés, charcuteries locales, confitures artisanales, miels parfumés et une belle sélection de vins régionaux. On peut aussi découvrir des articles uniques fabriqués par les artisans locaux, comme des poteries colorées, des bijoux faits main et des savons naturels. La Halle Fermière incarne l’authenticité tout en offrant une immersion dans l’art de vivre et les savoir-faire de la région.

    Derrière l’épicerie, nous visitons gratuitement les anciennes machines utilisées pour produire l’huile de noix, une spécialité de la région. Voici les étapes de sa fabrication : premièrement, la meule broie lentement les cerneaux pour obtenir une farine de noix très fine, qui est ensuite mise au four. Ensuite, la presse hydraulique extrait le jus de la farine chaude, et l’huile parfumée s’écoule lentement. L’huile est ensuite laissée à décanter avant d’être stockée en bouteille.

    Pour les plus curieux, un petit chemin part sur la gauche en bas de la Rue de la Raze, offrant une vue dégagée sur Collonges.

    45.05868643222366, 1.6527691304889547.

    La Halle

    Nous revenons au cœur historique de Collonges-la-Rouge, où il reste encore de nombreux trésors à découvrir. Nous commençons par la Halle Henri IV, un édifice datant de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle. Construite en grès rose, elle fascine par son architecture et son fournil, impeccablement conservé, qui servait autrefois à la cuisson du pain. À l’origine, cette halle couverte accueillait un marché où commerçants et agriculteurs venaient vendre leurs grains et leur vin. Elle jouait également un rôle central dans la vie sociale du village, servant de point de rassemblement et de lieu d’échanges pour les habitants.

    Place du Lavoir et Place du Prieuré

    Nous arrivons ensuite sur la place du Lavoir, où se trouvait, au XIXe siècle, un lavoir public en pierre de taille. Juste à côté, sur la place du Prieuré, se dresse la Croix de la Passion, une grande croix en fer forgé érigée en 1808. Elle est ornée des instruments de la Passion – lance, fouet, clous et couronne d’épines – symbolisant la souffrance du Christ. Cette croix aurait été élevée en action de grâce après la signature du Concordat de 1801, un accord entre le Pape et Napoléon Bonaparte qui rétablit le catholicisme en France. Elle représente un puissant symbole de paix et de réconciliation pour le village.

    Église Saint Pierre de Collonges

    Nous nous dirigeons vers l’église Saint-Pierre, classée monument historique en 1840. Cet édifice est l’un des plus importants du village, illustrant l’architecture romane limousine. Construite en grès rouge local entre les XIe et XIIe siècles, elle se distingue par sa nef unique, son transept et son abside semi-circulaire. Son portail occidental est orné de sculptures bibliques détaillées, tandis que le clocher carré, surmonté d’une flèche en pierre, offre un point de vue remarquable sur le village et ses alentours. À l’intérieur, nous pouvons admirer plusieurs œuvres d’art, dont une Pietà du XVe siècle, qui témoignent du riche patrimoine spirituel du lieu.

    Chapelle des Pénitents Noirs

    À proximité de l’église Saint-Pierre se dresse la Chapelle des Pénitents Noirs, édifiée au XIVe ou XVe siècle et dédiée à Saint-Maximin. Autrefois utilisée par la confrérie des Pénitents Noirs, qui se dévouait aux soins des pauvres et des malades, elle perdit cette fonction à la dissolution de la confrérie à la fin du XVIIIe siècle. Sobre et élégante, la chapelle présente une façade simple, une nef unique voûtée d’ogives, et un chœur abrité par une abside semi-circulaire. Le portail, surmonté d’un arc en ogive, mène à un clocher carré coiffé d’une flèche en pierre. À l’intérieur, nous trouvons quelques œuvres d’art notables, dont un Christ en bois datant du XVIIe siècle, qui ajoute un caractère historique à ce lieu empreint de sérénité.

    Château de Vassinhac

    Pour terminer notre promenade, nous nous dirigeons vers le Château de Vassinhac, édifié au XVe siècle par la famille de Vassinhac et remanié aux XVIe et XVIIe siècles. Ce château médiéval, classé monument historique en 1948, est aujourd’hui une propriété privée qui propose des chambres d’hôtes. En été, il est possible de découvrir l’histoire de ce lieu chargé de caractère lors de visites guidées du château et de ses jardins proposées en juillet et août. Ces visites offrent une expérience immersive dans l’histoire locale, permettant de mieux comprendre la vie aristocratique d’autrefois.

    En nous promenant ainsi à travers ces lieux emblématiques, nous ressentons toute l’histoire et la culture qui imprègnent ce village, Merci Collonges

  • Domme

    Domme

    Se rendre à Domme depuis Paris

    5H20

    5H50

    544 km

    Perchée sur une falaise surplombant la Dordogne, Domme est un véritable joyau médiéval en Nouvelle-Aquitaine. Classée parmi les Plus Beaux Villages de France, cette bastide du XIIIe siècle séduit par ses ruelles pavées, ses remparts bien conservés et ses portes fortifiées comme la porte des Tours. Son panorama époustouflant sur la vallée en fait une destination prisée des amateurs de paysages pittoresques. Ne manquez pas les grottes aménagées sous la place centrale, offrant un voyage fascinant dans le passé géologique et historique de la région.

    La Porte des Tours

    La Porte des Tours de Domme est une entrée emblématique de la bastide médiévale de Domme, située dans le département de la Dordogne, en France. Cette porte fortifiée, flanquée de deux tours imposantes, témoigne de l’importance stratégique de la ville au Moyen Âge. Construite au XIIIe siècle, elle offre une vue imprenable sur la vallée de la Dordogne et les environs. Les visiteurs peuvent explorer les remparts et découvrir l’histoire riche de cette cité médiévale, classée parmi les Plus Beaux Villages de France.

    Maison d’Eugène Leroy

    Cette maison-musée rend hommage à l’artiste peintre Eugène Leroy, une figure importante de l’art contemporain. Les visiteurs peuvent y découvrir une collection exceptionnelle de ses œuvres, ainsi que des expositions temporaires mettant en lumière son travail et son influence. La maison offre également un aperçu de la vie et de l’environnement de l’artiste, permettant de mieux comprendre son processus créatif et son héritage artistique.

    Grand Rue

    Ancien Hôtel de Ville

    L’Hôtel de Ville de Domme, situé rue des Consuls, est un bâtiment important dans l’histoire de la bastide. Fondée en 1281, il reflète l’architecture traditionnelle de la région et témoigne du riche passé de cette cité fortifiée, qui a joué un rôle stratégique durant la guerre de Cent Ans.

    Le nom de la rue dans laquelle se trouve ce bâtiment n’est pas un hasard. Autrefois appelé Hôtel des Consuls, il était le siège du gouverneur élu par le roi et une demi-douzaine de consuls élus par la population dommoise. La ville jouissait alors de plusieurs privilèges, le premier d’entre eux était le droit de vote, le second celui de rendre justice.

    On peut observer des petits tonneaux sur le blason de la ville, qui font penser à une spécialité locale, mais il s’agit en réalité de pièces de monnaie : l’obsidionale. Il s’agit du troisième privilège de la Bastide de Domme, celui de battre monnaie. Le roi utilisait cette monnaie pour payer les ouvriers qui construisaient la bastide et ces derniers étaient alors obligés de rester vivre dans la ville, la monnaie n’étant valable qu’en son sein.

    Place de la Halle

    Voici la place de la Halle, située dans la partie haute de la ville, autrefois réservée aux nobles, tandis que la seconde place de la Bastide, la place de la Rode était réservée aux paysans. Cette place accueille une halle couverte, typique des marchés médiévaux, où se tiennent encore aujourd’hui des marchés locaux. Entourée de maisons à colombages et de bâtiments en pierre, la place offre un cadre pittoresque et authentique.

    Église catholique Notre-Dame-de-l’Assomption

    Perchée sur un promontoire rocheux dominant la vallée de la Dordogne, la cité médiévale de Domme abrite un trésor architectural : l’église Notre-Dame de l’Assomption. Témoin silencieux d’une histoire mouvementée, ce monument religieux du XVIIe siècle témoigne de la résilience des habitants face aux épreuves.

    Construite avec les pierres de son aïeule détruite pendant les guerres de Religion, l’église actuelle est une véritable renaissance. C’est en effet le capitaine huguenot Geoffroy de Vivans qui rase l’édifice original en 1589 lors de la prise de Domme.

    Mais lorsque le culte catholique est rétabli en 1622, les habitants décident de reconstruire leur lieu de culte sur le même emplacement. Ils confièrent cette tâche à un maître-maçon de Monpazier qui leur offrit une église simple et élégante, dotée d’une nef unique et d’un clocher-mur caractéristique.

    L’église Notre-Dame de l’Assomption est plus qu’un simple lieu de culte, elle est un symbole de la foi tenace des habitants de Domme. Elle est également un exemple poignant de la reconstruction après les conflits, rappelant que même après la destruction, la beauté et la spiritualité peuvent renaître.

    Aujourd’hui, l’église, entourée d’un cimetière déplacé au XVIIIe siècle à l’extrémité de la ville, invite à la contemplation et offre aux visiteurs un moment de recueillement dans le calme apaisant de ce lieu chargé d’histoire.

    Le Belvédère et promenade de la barre

    La vue panoramique sur la vallée de la Dordogne et ses paysages environnants est imprenable ! On peut y admirer les méandres du fleuve, les châteaux et les villages pittoresques qui parsèment la région. Ce belvédère est un lieu incontournable pour ceux qui souhaitent découvrir la beauté naturelle et le riche patrimoine de la Dordogne.

    La Promenade de la Barre s’inscrit dans le prolongement du belvédère et offre une vue panoramique et continue avec différents angles de vue sur la vallée de la Dordogne.

    Le Moulin De Domme

    Perché sur les hauteurs dominant la vallée de la Dordogne, le Moulin du Roy de Domme est bien plus qu’un simple vestige du passé. C’est un véritable voyage dans le temps qui vous attend !

    Transformé en habitation au XIXe siècle par l’intellectuel et engagé Paul Reclus, ce moulin à vent offre un aperçu fascinant de la vie rurale d’antan. Explorez ses mécanismes ingénieux : meules, engrenages et voiles, témoins silencieux d’une époque révolue.

    En suivant le chemin des Meulières, laissez-vous guider jusqu’aux carrières où étaient extraites les pierres utilisées pour moudre le grain. Comprenez ainsi toute la chaîne de production du blé, de la culture à la farine.

    La Porte Del Bos

    La Porte Del Bos est une des entrées historique de la bastide de Domme. Sa proximité avec le bois lui à donnée son nom Porte Del Bos ou « porte du bois » en français et évoque un passé chargé d’histoire et de légendes.

    Érigée au XIIIe siècle lors de la construction de la bastide, elle faisait partie du système défensif de la ville avec ses murs épais et renforcés par des contreforts. L’ouverture de la porte, surmontée d’un arc en plein cintre, est relativement étroite, ce qui permettait de la défendre plus facilement en cas d’attaque.

    Place de la Rode

    La Place de la Rode, comme la Place des Halles, était autrefois un des principaux lieux de marchés et de foires à Domme. Contrairement à sa voisine, elle accueillait davantage les paysans et les habitants modestes de la bastide.

    L’un des privilèges de cette bastide était le droit de battre sa propre monnaie, appelée obsidionale. À Domme, ces pièces frappées sur du cuir, étaient fabriquées dans la maison du batteur de monnaie, située sur cette place. Construite en 1282, cette maison est l’une des plus anciennes de la bastide, témoignant de l’histoire médiévale de la cité.

    Lavoir

    Le lavoir de Domme, datant du XIXe siècle, se trouve en contre-bas du Puits de Domme (n’y voyez aucun jeu de mot).

  • L’Algarve

    L’Algarve

    Bom dia !

    L’Algarve, région la plus méridionale du Portugal, est réputée pour ses superbes plages dorées, ses falaises spectaculaires et son riche patrimoine historique. Entre les villages de pêcheurs pittoresques, tels que Tavira et Olhão, et les stations balnéaires animées comme Albufeira, la région offre un mélange parfait de nature et de culture. Nous vous emmenons à la découverte des vestiges mauresques, des réserves naturelles et de la cuisine méditerranéenne raffinée, le tout en profitant d’une arrière-saison.

    Faro 🇵🇹

    Aéroport international de Faro

    Olá !

    Nous voici arrivés à Faro. Ce matin, notre avion a décollé à 6h30 de Bordeaux, c’était un peu tôt, mais il est 8h30 et nous pouvons dès à présent partir à la découverte de la ville !

    Rejoindre le centre-ville se fait facilement et rapidement grâce aux bus présents à la sortie du terminal.

    Vous le savez peut-être déjà, nous ne partons jamais sans repérer un maximum de points à voir et à découvrir, et nous construisons nos balades en reliant ces points entre eux. Mais pour ce premier tour dans la ville, nous y allons un peu au hasard, le temps de nous réveiller un peu. 😅 Et cette première impression nous réjouit, la ville semble magnifique !

    Cathédrale de Faro sur Largo da Sé

    Nous voici au cœur de la vieille ville, ce quartier est principalement piéton, rendant la balade agréable. En arrivant sur Largo da Sé, on est immédiatement frappé par la silhouette imposante de la Cathédrale de Faro, dont les origines remontent au XIIIe siècle. Construite sur les vestiges d’une ancienne mosquée, elle a subi plusieurs transformations, notamment après le séisme de 1755. Ses portes sont closes lors de notre passage, mais il est possible d’y découvrir une surprenante alliance de styles gothique, renaissance et baroque, où chaque détail raconte un pan de l’histoire locale.

    Cidade Velha – Vieille ville

    En arpentant les ruelles pavées de la Cidade Velha à Faro, on est transporté dans un voyage à travers le temps. Ce quartier, ceinturé par une muraille de forme ovale datant de l’époque romaine (près de 2000 ans), entoure le plus vieux quartier de Faro. C’est au prince Ben Bekr, au IXe siècle, qu’on attribue l’initiative de protéger la colonie par ces remparts. Malgré différents dommages causés au fil des siècles (séismes au XVIe siècle, assauts de corsaires anglais, grand tremblement de terre de 1755, etc.), la muraille a survécu jusqu’à aujourd’hui. Les murs ont été progressivement intégrés dans de nouveaux bâtiments et il ne reste actuellement que quelques éléments défensifs, comme les deux tours qui servaient à protéger l’entrée de l’Arco do Repouso.

    Monumento aos Combatentes do Ultramar sur Largo de São Francisco

    Après avoir passé la porte, la Largo de São Francisco nous fait face. Un peu plus loin, nous y trouvons le Monumento aos Combatentes do Ultramar, dédié aux soldats portugais ayant participé aux guerres coloniales. Ce monument aux lignes sobres et géométriques marque un hommage discret aux vies perdues durant ces conflits.

    A noter que cette place offre un vaste parking gratuit.

    Algarve School of Hospitality and Tourism

    En remontant Largo de São Francisco, nous apercevons cette belle porte, ouverte. Après un bref coup d’œil, nous décidons d’y entrer. Pour commencer, je ne suis pas certain que ce bâtiment se visite… puis l’intérêt en est assez limité. Toutefois, à l’intérieur, on y trouve de jolis couloirs à la lumière filtrée, c’est agréable et il y fait frais ! Il s’agit là d’une école qui forme les futurs professionnels de l’hôtellerie et du tourisme de la région.

    Petit room tour : Notre hôte, venant de nous prévenir de la disponibilité de notre logement, nous décidons d’aller y déposer le surplus de nos sacs à dos avant de reprendre notre balade. Le logement que nous avions réservé est canon : nous partageons une grande maison de ville, avec un autre couple (de Français !), qui dispose de jolis espaces de vie et d’une grande terrasse, super !

    Jardim da Alameda João de Deus

    Nous prenons la direction du Jardim da Alameda João de Deus, l’endroit idéal pour une pause nature. Ce parc ombragé, avec ses sentiers sinueux et ses fontaines, est l’un des plus grands (et des plus beaux) espaces verts de Faro. Nous flânons dans les allées, parmi les arbres centenaires et les parterres de fleurs. C’est un véritable havre de paix en pleine ville, où même les paons semblent se plaire.

    Timing parfait, un petit kiosque à l’intérieur du parc sert des cafés et des Pastéis, alors que le manque de petit-déjeuner commence à se faire sentir.

    Nous avions gardé un tel souvenir des Pastéis de Belém que notre journée ne pouvait pas mieux commencer qu’avec ces petites pâtisseries dans un cadre aussi agréable.

    Maintenant que nous sommes d’attaque, nous nous éloignons un peu du côté de la Rua Dra. Mariana Amélia Machado Santos pour profiter d’un joli point de vue sur la lagune de Ria Formosa. S’y rendre exprès pour le panorama n’en vaudrait pas le détour, mais en y passant, autant en profiter.

    Au-dessus du rond-point se trouve un parking offrant une vue encore plus dégagée.

    Ermida de Santo António do Alto

    Nous doutons un peu du détour que nous avons fait, mais qu’importe, nous avons le temps. Arrivés à l’Ermida de Santo António do Alto, le point le plus à l’est que nous avons à voir, perchée sur une colline, nous avons gravi une sacrée pente pour atteindre cette petite chapelle historique. Nous en profitons pour faire une petite pause à l’ombre. L’intérieur, simple mais charmant, témoigne de la dévotion locale à Saint Antoine. Un lieu chargé de sérénité et d’histoire.

    De retour vers le centre-ville, la vaste esplanade de la Rua de Santo António est d’une luminosité telle que les lunettes de soleil sont d’une grande utilité.

    Tertúlia Algarvia

    Praça Dom Afonso III 15, 8000-167 Faro

    C’est déjà l’heure de la pause déjeuner ! Nous ne découvrons pas la cuisine portugaise, et aussi bien à Lisbonne qu’à Porto, nous nous sommes toujours régalés des plats et spécialités du pays. Laure opte pour un chorizo flambé et pour moi, ce sera du poulpe grillé.

    Bien que nous soyons fin septembre, le soleil est encore très (trop ?) présent. Heureusement, de grandes toiles jalonnent les rues, les préservant de l’étouffante chaleur qui s’accumule habituellement dans les villes. La différence avec d’autres rues, qui n’en sont pas pourvues, se ressent rapidement.

    Au centre de Largo do Dr. Silva Nobre, une stèle rend hommage à ce médecin et chercheur renommé, spécialisé en médecine interne et en cardiologie. Il est connu pour ses travaux sur les maladies cardiovasculaires et ses contributions significatives à la recherche clinique et à l’enseignement médical.

    Igreja Matriz de São Pedro

    Nous arrivons à l’église Saint-Pierre de Faro, un lieu à la fois discret et imposant. Construite au XVIIIe siècle, elle se distingue par son architecture baroque sobre. Malheureusement, ses portes n’étaient pas ouvertes lors de notre passage, mais l’intérieur avait l’air assez intéressant à voir, avec notamment de grands ornements en azulejos.

    Voici quelques heures que nous déambulons dans les rues de la capitale de l’Algarve, et les rues, avec leurs variantes locales, ressemblent beaucoup à celles des autres villes portugaises que nous avons visitées auparavant. C’est assez agréable de voir toutes ces couleurs et ces motifs cohabiter, donnant à l’atmosphère une touche joyeuse et chaleureuse.

    Igreja da Ordem Terceira de Nossa Senhora do Monte do Carmo

    L’église des Carmes de Faro est un peu différente des autres édifices religieux du coin. Bien que sa façade simple et élégante paraisse presque familière, c’est à l’intérieur que demeure la surprise. Une chapelle aux murs tapissés de crânes et de grands os rappelle aux passants que la vie est éphémère, n’est-ce pas étonnant ? À l’entrée se trouve également une inscription pas des moins déroutante : “Arrête-toi et pense au destin qui sera le tien”. Bonne ambiance garantie !

    Doca de Faro

    En suivant le dédale de ruelles, nous arrivons finalement sur les quais du port de plaisance. C’est assez intéressant d’en faire le tour, d’une part pour le grand air et la belle vue d’un côté, mais aussi pour les sculptures disséminées çà et là.

    Il faut traverser la voie ferrée pour accéder à la digue. Bien que le panneau d’avertissement ne soit plus très lisible, il faut rester prudent en traversant, car des trains y circulent !

    Arco da Vila

    Situé à l’entrée des vieux remparts de Faro, l’Arco da Vila est une porte monumentale qui reflète le mélange d’influences architecturales de la région. En la traversant, nous avons l’impression de remonter le temps, avec ses détails de style néoclassique et son intégration dans la muraille d’origine. Au sommet, une statue de Saint Thomas d’Aquin veille sur les visiteurs. Cette porte est une des principales entrées vers la vieille ville de Faro et nous invite à explorer ses ruelles pavées et ses édifices historiques.

    Rua Domingos Guieiro

    Arco do Repouso

    L’Arco do Repouso, sous lequel nous passons, fait partie intégrante des anciennes fortifications médiévales. L’entrée orientale, servant à ceux venant de la terre, se faisait par une porte en coude, nommée Arco do Repouso (parce qu’Afonso III y aurait trouvé du repos). Cette entrée a été renforcée au XIIIe siècle par deux tours albarranes d’origine almohade, destinées à protéger l’une des entrées les plus vulnérables de la ville.

    Son innovation défensive réside dans l’apparition de la notion de contre-attaque passive : quiconque s’approchait du mur d’enceinte ou de la porte se faisait attaquer par derrière. Cette situation était due à l’avancée des tours par rapport à la muraille. Cette porte est associée à la Conquête de Faro par les Chrétiens, commandés par Afonso III, le 29 mars 1249. Une légende raconte que la prise de Faro s’est faite pacifiquement, sans combats sanglants.

    Palácio Belmarço

    Juste derrière le mur d’enceinte se dresse le mystérieux Palácio Belmarço. Construit au XVIIe siècle, ce palais baroque, aux façades ornées de sculptures complexes, cache bien des secrets. On raconte que ses salons ont vibré aux sons de musiques envoûtantes et que ses jardins ont abrité des amours passionnées. Aujourd’hui, le temps semble s’être arrêté dans ce lieu chargé d’histoire, invitant les visiteurs à imaginer les fêtes somptueuses qui s’y sont déroulées.

    Banco de Portugal

    Là aussi, un petit ponton accessible offre une belle vue sur le Parque Natural da Ria Formosa et son front de mer.

    S.R.A.F. – Artists

    Ce bâtiment ne faisait pas partie des lieux que nous avions prévu de visiter, mais une fois de plus, le portail d’accès est ouvert, entrons ! Dans la cour, l’endroit regorge de fresques et de jolis graffitis artistiques. Nous poussons notre exploration jusqu’à l’une des arcades du fond où nous apercevons un escalier. Allons voir ce qui se passe plus haut alors.

    Une multitude d’œuvres d’art contemporain, parfois militantes, sont installées dans les salles des deux étages que nous parcourons avec curiosité. L’endroit est à la fois mystérieux et intéressant.

    Wow ! Nous ne nous y attendions pas ! Au troisième et dernier étage se trouve une immense terrasse surplombant les toits de Faro, incroyable ! Il est possible de grimper en haut de la tour, mais gare au vertige ! D’en haut, la vue est absolument imprenable et, par chance, nous y arrivons au meilleur moment de la journée, pour contempler le soleil doré se coucher dans la lagune, c’est d’une beauté sans nom !

    Restaurante Cinderela

    R. 1º de Dezembro 19, 8000-410 Faro

    Nous avons un peu trop tardé à nous préoccuper du dîner, donc le choix n’est pas très large. Toutefois, nous avons trouvé une petite table en dehors de la vieille ville qui sert des plats simples et généreux (c’est habituel au Portugal, vous me direz). Chose qui s’apprécie grandement, les prix ne sont pas prohibitifs, ce qui nous permet de profiter pleinement sans avoir à trop regarder l’enveloppe.

    Faro by night

    Pour finir cette longue journée, nous nous baladons un peu au hasard dans les rues de la ville. Faro est une toute petite ville qui se fait rapidement et facilement à pied. Nous sommes contents d’avoir prévu un itinéraire dense pour les prochains jours. L’aventure commence demain !

    😴

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  • Argentonnay

    Argentonnay

    Se rendre à Argentonnay depuis Paris

    4H20

    3H00

    430 km

    Après Thouars, direction Argentonnay ! Cette commune nouvelle, née en 2016 du regroupement de six anciennes communes, dont Argenton-les-Vallées, est un exemple vivant du dynamisme du bocage bressuirais. Son histoire est riche et remonte à des temps anciens, comme en témoignent les fondations du château médiéval ou le Pont Cadoret du XIIIe siècle. Argentonnay a connu une période florissante, marquée par son rôle de carrefour commercial avec de nombreuses foires. Tout comme à Thouars, la ville a également été marquée par les Guerres de Vendée, laissant des traces indélébiles dans son patrimoine. Nous prenons donc les petites routes en quête de découvrir un de ses trésors cachés.

    Château de l’Ebaupinay

    Situé à Le Breuil-sous-Argenton, sur la commune d’Argentonnay, ce château féodal est un vestige impressionnant de la fin du Moyen Âge, classé Monument Historique depuis 1898. Son architecture, de style gothique tardif, est caractérisée par ses cinq élégantes tours flanquant un logis carré, le tout surmonté d’un chemin de ronde avec mâchicoulis. Encore aujourd’hui, les douves, situées du côté nord et est, sont remplies d’eau, ajoutant à la beauté et au caractère défensif du lieu.

    L’histoire de l’Ebaupinay est particulièrement mouvementée. Après la Révolution, il est vendu comme bien national et subit les affres du temps et des changements de propriétaires. Mais une anecdote récente le rend tout à fait singulier : en 2019, ce château a été racheté par près de 12 000 « co-châtelains » via un projet de financement participatif mené par la startup Dartagnans ! L’idée était d’y créer un « lieu culturel du Moyen Âge » et de lancer un chantier médiéval participatif pour sa restauration. Bien que le château ait été remis en vente en 2024 et acquis par un propriétaire privé en 2025, cette aventure collective a marqué un chapitre unique dans l’histoire de ce site, témoignant de l’attachement des passionnés au patrimoine. Le château de l’Ebaupinay, même en ruines, continue de fasciner et de raconter son histoire à ceux qui prennent le temps de le découvrir

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