Envie d’un grand bol d’air iodé et de lumières changeantes ? On vous emmène à Saint-Valery-sur-Somme, une cité médiévale qui domine l’un des plus beaux estuaires du monde. Entre le cri des goélands, les maisons de pêcheurs colorées et les épopées de Guillaume le Conquérant, préparez-vous à un voyage hors du temps, là où la terre et la mer ne font plus qu’un.
On commence notre balade à la Pointe du Hourdel, bien que le phare se situe sur la commune de Cayeux-sur-Mer, nous tenions tout de même à le mentionner ici.
Ce joli phare veille depuis 1840 sur l’embouchure de l’estuaire. Après un premier feu monté sur une potence de bois, puis une version métallique en 1905, l’édifice actuel a été construit en 1948 : une tour cylindrique de 18 mètres en béton armé, surmontée d’un feu blanc et vert à trois occultations toutes les douze secondes. Détruit pendant la guerre, il a été reconstruit en 1950 et servait encore, jusqu’aux années 1980, d’appui sonore grâce à sa corne de brume. Repère pour les promeneurs et les pêcheurs de crevettes grises du Hourdel, le phare est aujourd’hui un symbole du littoral, visible depuis la Route Blanche qui longe les dunes. Il guide autant les navigateurs que les curieux venus contempler la Baie.
La Baie de Somme
Elle compte parmi les plus belles baies au monde et fascine tous ceux qui la découvre. La Baie de Somme s’étend sur 72km² de la pointe du Marquenterre à Cayeux-sur-Mer. Ses paysages exceptionnels, fragiles, protégés, ses lumières fascinantes lui valent d’être Grand Site de France.
Le fleuve Somme se jette dans la Manche en formant un estuaire de 72 km2.
Il comprend trois zones : la partie basse, découverte lors des marées de vives eaux, la zone sablovaseuse, véritable garde manger des oiseaux et la partie haute recouverte de végétation.
La baie de Somme est donc un vaste site naturel, préservé, c’est un lieu d’observation privilégié pour la faune et la flore, des centaines d’espèces d’oiseaux s’y posent lors de leurs migrations. L’estuaire est reconnu sur le plan international pour sa richesse écologique ; la partie nord est classée Réserve Naturelle Nationale.
L’ensemble de la baie de Somme et de son environnement proche est multiplement labellisée : au titre de la convention mondiale RAMSAR sur les zones humides, membre du club des plus belles baies du monde, labellisée Grand Site de France et Parc Naturel Régional.
Ne vous aventurez pas seul en Baie de Somme, les marées sont dangereuses et les espèces sont protégées.
Rue de la Chapelle
Pour prendre de la hauteur et admirer ce paysage du regard, nous grimpons par la Rue de la Chapelle. C’est le moment « souffle coupé » de notre balade : la pente est un peu raide, mais la récompense est là. À mesure que l’on s’élève, le panorama sur l’estuaire se dégage, offrant une vue imprenable sur les teintes opalines de l’eau qui se mélangent au vert de la végétation littorale.
Chapelle des Marins
De style néogothique, respectant la tradition des murs en damiers de pierre blanche et de silex, la chapelle Saint Valéry a également comme particularité son clocher surmonté d’un goéland.
Située sur l’un des plus beaux points de vue de la Baie, la chapelle, d’une grande ancienneté (d’architecture romane) était élevée sur le tombeau même de l’apôtre du Vimeu. Elle fut remplacée en 1878 par une nouvelle chapelle, sous l’égide de l’Abbé Caron, curé Historien de Saint- Valery-sur-Somme de 1872 à 1893, d’un style néo-gothique, respectant la tradition des murs en damiers, avec une alternance des calcaires et des silex taillés. Au pied de l’édifice, se trouve la fontaine miraculeuse, dite de la Fidélité. Elle a été réaménagée avec soins et entièrement restauré en 2013.
Ou plutôt Chapelle de Saint Valery, « dite des marins » car le haut du clocher est orné non pas d’un coq mais d’un goéland, en hommage aux marins qui en naviguant faisaient retentir la corne de brume pour saluer l’édifice.
Porte Guillaume & Porte Jeanne d’Arc
Appelée « Porte de Haut » ou « Porte Jeanne d’Arc » en souvenir de son passage en décembre 1430, c’est un des vestiges les plus anciens de la Ville. Les tours, datées du 11ème , existent déjà lors de l’escale forcée de la flotte de Guillaume de Normandie en 1066. L’ensemble était constitué de deux tours rondes massives, avec consoles et mâchicoulis, deux corps de bâtiments avec un étage et des souterrains qui servaient de corps de garde et de prisons, un pont levis disparu en 1614, et des ouvrages de défense avancés aujourd’hui disparus. L’arcade ogivale a été édifiée en 1785 et un pan de courtine subsiste encore. Sur les murs pousse en été un œillet rose appelé « l’œillet des croisades ».
Un petit jardinet sur le côté de la tour offre une belle vue de la baie à travers les arbres.
Église Saint-Martin
Au cœur de la cité haute, l’Église Saint-Martin nous surprend par son allure de forteresse. Ravagée par Louis XI en 1475 (qui préféra brûler la ville plutôt que de la laisser aux Anglais !), elle fut consacrée à nouveau en 1500. On admire son architecture unique à deux nefs identiques et ses murs en damiers de silex. Son mobilier a souffert pendant la Révolution, mais sa tour massive épaulée de contreforts impose toujours le respect. Sa toiture pyramidale de 1786 lui donne cette silhouette si particulière qu’on repère de loin en baie.
Porte de Nevers
Nous quittons la ville haute par la Porte de Nevers. Cette construction du XVIe siècle mélange briques, grès et galets. Si vous levez les yeux sous la voûte, vous pouvez encore voir les rainures de la herse et les baies où passaient les chaînes du pont-levis. Le blason des Gonzague-Nevers y trône toujours avec la devise « Fides » (Fidélité), souvenir de la bravoure de la milice locale à la bataille de Bouvines en 1214. En suivant la Rue de la Porte de Nevers, on descend doucement vers les quartiers plus populaires du bord de mer.
Rue de la Porte de Nevers
Derrière la porte de Nevers, la ruelle éponyme relie la cité fortifiée au quartier maritime et dégage un charme particulier. C’est une descente agréable qui permet d’admirer l’architecture urbaine de la ville, où la pierre médiévale laisse peu à peu place aux constructions liées à l’activité portuaire.
30 Quai du Romerel
Au 30 quai du Romerel, l’ancienne gendarmerie de Saint‑Valery‑sur‑Somme occupe une place discrète mais structurante dans le front bâti qui longe la baie, entre le port et le quartier de villégiature du Romerel. Elle s’insère dans un alignement d’édifices remarqués du quai — château du Romerel, maisons de notables, demeure associée au séjour de Napoléon — qui participe au caractère particulièrement pittoresque de la promenade en bord de baie. Décrit comme un secteur développé avec l’essor balnéaire, le Romerel présente un paysage de façades XIXe‑XXe tournées vers la baie, relativement homogène face au port et aux digues.
Ruelle des Matelots
On s’écarte un instant de la promenade pour nous glisser dans la Ruelle des Matelots. Étroite, intime et pleine de mystère, cette petite ruelle était autrefois le raccourci secret de ceux qui vivaient de la mer. On y imagine les marins rentrant de pêche, s’engouffrant dans ces passages pavés pour rejoindre leur foyer à l’abri du vent.
Courtgain
Nous arrivons dans le Courtgain, sans doute le quartier le plus pittoresque de la région. Son nom, qui signifie « petit salaire », rend hommage aux familles de pêcheurs qui vivaient ici dans des maisons de brique et de torchis aux soubassements noirs. Aujourd’hui, les façades éclatent de couleurs chatoyantes et les ruelles sont joliment fleuries, créant un décor de conte de fées. Nous montons jusqu’au Calvaire des marins d’où le point de vue est tout simplement magistral : c’est ici que l’on ressent le mieux la ferveur des gens de mer, particulièrement lors de la grande Fête de la Mer qui anime le quartier chaque été.
Le port
Notre balade nous mène naturellement vers Le Port, le poumon économique de la ville. C’est ici que les bateaux de plaisance dansent au gré des courants, remplaçant les anciens navires de commerce. Le port est le lieu de toutes les rencontres, où l’on peut embarquer pour une croisière ou simplement s’installer en terrasse pour déguster des produits locaux. L’atmosphère y est joyeuse et rythmée par le va-et-vient des promeneurs qui, comme nous, se laissent séduire par cette vie maritime si particulière.
Les Bains De La Ferté
On achève notre balade aux Bains de la Ferté, à l’extrémité du quai. C’est ici que le tourisme thermal a pris son essor au XIXe siècle. Aujourd’hui, c’est le lieu parfait pour une dernière pause contemplative face au Crotoy que l’on aperçoit sur la rive opposée. Entre passé médiéval et nostalgie des premiers bains de mer, Saint-Valery nous a conquis !
Amiens : La Venise du Nord, entre Histoire, Art et Nature 🇫🇷
Amiens, préfecture de la Somme et capitale historique de la Picardie, est une ville qui ne manque pas de charme, traversée par la Somme et ses nombreux canaux. Surnommée à juste titre la « Venise du Nord » grâce à ses Hortillonnages, elle offre un mélange fascinant de patrimoine médiéval, d’architecture moderne et d’espaces verts paisibles. Ville d’art et d’histoire, elle a vu naître et inspiré de grandes figures comme Jules Verne. Amiens est une destination surprenante, où l’on passe des ruelles pavées de son quartier historique à la contemplation d’une cathédrale majestueuse, tout en savourant une atmosphère conviviale. Préparez-vous à une balade riche en découvertes !
Une Flânerie Amiénoise : D’Édifices Audacieux aux Jardins Flottants
Pour cette belle et longue balade qui s’annonce, c’est ma soeur Émilie qui est de la partie. Cette découverte d’Amiens nous transportera à travers différentes époques, de la modernité audacieuse à la douceur de ses quartiers historiques, avant de nous immerger dans son patrimoine naturel unique. On y va ?
Tour Perret
13 Place Alphonse Fiquet, 80000 Amiens
Notre balade commence dans la rue de l’hôtel dans lequel nous séjournons. En sortant, nous n’avons qu’à tourner la tête, pour admirer la Tour Perret. Dominant la ligne d’horizon, cette tour résidentielle de 104 mètres, achevée en 1954, fut pendant un temps le plus haut gratte-ciel d’Europe ! Conçue par l’architecte pionnier du béton armé, Auguste Perret, elle symbolise la reconstruction d’Amiens après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Son style épuré et sa structure en béton apparent témoignent d’une modernité audacieuse pour l’époque, et elle reste aujourd’hui une icône architecturale de la ville. On pourrait presque imaginer Jules Verne, du haut de ses 104 mètres, rêver à de nouveaux voyages extraordinaires !
Parc René Goblet
Place René Goblet, 80000 Amiens
Non loin de la tour Perret, nous traversons ce ravissant petit jardin aux jolies statues, et à l’epaisse végétation. Ce parc urbain, nommé en hommage à René Goblet (1828-1905), homme politique et maire d’Amiens, le parc perpétue la mémoire de ce personnage influent, cofondateur du journal Le Progrès de la Somme.
Son emplacement, autrefois occupé par le cimetière Saint-Denis (XIIIᵉ siècle), a connu plusieurs vies : transformé en atelier de salpêtre pendant la Révolution, puis en esplanade arborée à partir de 1825, il devient officiellement la Place Saint-Denis en 1828 avant d’être réaménagé en square par l’architecte François-Auguste Cheussey en 1839. Au fil du XXᵉ siècle, le parc a été marqué par les guerres (1918 et 1940) et s’est enrichi de monuments commémoratifs, comme la statue du Charles Dufresne du Cange et le monument aux Martyrs de la Résistance.
Statue du Général Leclerc
Au bout du.parc René Goblet, il est impossible de manquer l’imposant monument du maréchal Leclerc de Hauteclocque. Il rend hommage à l’un des grands libérateurs de la ville, chef de la 2e Division blindée, entrée à Amiens le 31 août 1944. Conçu par les frères Jan et Joël Martel avec l’architecte Jean Bossu, il a été inauguré en 1950. Élevée en pierre de Pouillenay, cette colonne monumentale de 12 mètres de haut est surmontée d’une sculpture du maréchal, représenté en marche, incarnant l’élan de la Libération. La croix de Lorraine gravée dans la pierre rappelle son engagement au sein de la France libre.
Nous traversons ce petit îlot de verdure qui semble prolonger le Square Aimé Césaire, dont la majeure partie se situe de l’autre côté du carrefour. Cet espace est joliment aménagé avec des extraits des œuvres de Jules Verne et des sculptures.
Maison de Jules Verne
2 Rue Charles Dubois, 80000 Amiens
S’il y a bien un musée à ne pas manque en visitant Amiens, c’est celui-ci. Je ne l’avais pas inclus dans le programme de la journée, mais sur insistance de ma soeur nous voici happé dans cet univers extraordinaire. C’est dans cette demeure que l’illustre écrivain vécut de 1882 à 1900, une période durant laquelle il écrivit une grande partie de ses « Voyages Extraordinaires », notamment Le Château des Carpathes ou Robur le Conquérant. La maison, transformée en musée, a été magnifiquement restaurée pour recréer l’atmosphère de l’époque. On y découvre son bureau, sa bibliothèque, le salon où il recevait, et des objets personnels qui racontent sa vie et son œuvre. Chaque pièce est une invitation au voyage et à l’imagination, nous permettant de marcher littéralement dans les pas de l’illustre personnage.
Jardin d’hiver
L’entrée de la Maison de Jules Verne se faisait par son magnifique jardin d’hiver, aujourd’hui classé aux Monuments Historiques. Typique des demeures bourgeoises du XIXe siècle, cet espace reflète l’essor de l’architecture en fer et en verre. Initialement orné de baies néogothiques, il fut étendu en 1901 avec une nouvelle aile et une ferronnerie de style Art nouveau. La présence de plantes tropicales soulignait le goût de l’époque pour l’exotisme et le voyage, des thèmes centraux qui résonnent parfaitement avec l’œuvre de Jules Verne, invitant l’imaginaire à s’évader dès le seuil de sa maison.
La salle à manger
La salle à manger de la Maison de Jules Verne, utilisée pour les grandes occasions, a conservé son décor d’origine et est classée aux Monuments Historiques depuis 1998. Elle illustre l’engouement du XIXe siècle pour le Moyen Âge à travers son style néo-gothique. Des éléments comme les arcs brisés, les quadrilobes ornant la cheminée et les portes, la frise, les vitraux et les marmousets (petits personnages sculptés) s’inspirent du répertoire ornemental médiéval. Le mobilier complète ce décor et des placards dissimulent la vaisselle de Jules Verne, incluant son service en porcelaine personnalisé.
Le salon de musique
Les intérieurs de la demeure de Jules Verne au XIXe siècle reflètent un riche éclectisme, passant du néo-gothique de la salle à manger au néo-Louis XVI du Salon de Musique (classé Monument Historique). C’était dans ce salon que Jules et Honorine Verne recevaient amis et journalistes, Jules s’y adonnant parfois au piano. La pièce est ornée de répliques des portraits de l’écrivain par Gustave Wertheimer et de son épouse Honorine par Pierre de Coninck, ainsi que de photographies de famille. On y découvre l’histoire de sa fratrie : Paul, Anna, Mathilde, et Marie, affectueusement surnommée « le Chou » par Jules, dont le portrait par Désiré Mergaert est exposé, offrant un aperçu intime de la vie privée de l’auteur.
Jules Verne Voyageur
En 1859, Jules Verne visite l’Écosse avec son ami Aristide Hignard et relate son voyage dans des notes qu’il utilise pour écrire Voyage en Angleterre et en Écosse, son premier manuscrit proposé à Pierre-Jules Hetzel, sans succès. Ce voyage influence par la suite ses romans Les Enfants du capitaine Grant (1867), Les Indes noires (1877) et Le Rayon vert (1882). En 1861, il part pour la Scandinavie avec Hignard, ce qui inspire Voyage au centre de la Terre (1864) et Un billet de loterie (1886). Attiré par le développement des États-Unis, il embarque en mars 1867, avec son frère Paul, pour visiter New York et les chutes du Niagara. C’est à bord du Great Eastern, le plus grand navire de l’époque, qu’il s’inspire pour écrire Une ville flottante (1871).
Jules Verne Navigateur
Jules Verne, véritable passionné de la mer, posséda successivement trois navires, tous nommés « Saint-Michel » en hommage à son fils. Son premier bateau, le Saint-Michel (une chaloupe de 9 mètres acquise en 1868 et basée au Crotoy), fut une source d’inspiration pour son célèbre roman Vingt mille lieues sous les mers (1869-1870), grâce à ses croisières en Manche. En 1876, il rejoignit le Yacht Club de France et acquit un navire plus ambitieux, le Saint-Michel II, un cotre de 20 mètres avec lequel il sillonna la Manche. Enfin, en 1877, il fit l’acquisition du luxueux Saint-Michel III, un yacht à vapeur de 30 mètres doté d’un équipage de neuf hommes, de cabines et même d’un bureau. Ce dernier lui permit de naviguer jusqu’à Édimbourg et Copenhague, et de réaliser une longue croisière en Méditerranée en 1884, inspirant des romans comme Mathias Sandorf (1885) et L’Invasion de la mer (1905). Ces navires furent de véritables laboratoires flottants pour l’imagination de l’écrivain, nourrissant ses récits d’aventures maritimes.
Publié en 1872, Le Tour du monde en quatre-vingts jours est devenu l’un des romans français les plus traduits et emblématiques. Son succès s’inscrit dans un contexte où le défi d’un voyage rapide autour du globe était déjà très populaire, notamment avec le premier tour du monde touristique organisé par Thomas Cook la même année. Le récit a engendré de nombreux produits dérivés et inspiré de véritables prouesses : en 1889-1890, les journalistes Nellie Bly et Elizabeth Bisland ont même surpassé le héros de Verne, Phileas Fogg, en réalisant leur propre tour du monde en 72 et 76 jours respectivement. Une carte publicitaire de 1877, proposant un tour du monde en dix mois, est exposée, révélant comment Jules Verne l’a utilisée pour esquisser le trajet d’un tour du monde aérien dans son roman Robur-le-Conquérant, montrant ainsi son processus créatif.
Jules Verne au cinéma
L’œuvre de Jules Verne a connu une postérité cinématographique exceptionnelle, avec plus de 300 films adaptés de 35 de ses romans et nouvelles depuis l’invention du cinéma. Des titres comme Le Tour du monde en quatre-vingts jours (avec 24 adaptations) et Michel Strogoff (avec 23, dont les versions de 1926 et 1936) sont parmi les plus repris. Le plus célèbre film muet inspiré de son univers est sans conteste Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902), librement adapté de ses romans lunaires. Un riche ensemble d’affiches originales de ces innombrables adaptations est exposé dans le grenier de sa maison, témoignant de l’impact visuel et intemporel de son œuvre sur le septième art.
Cirque Jules Verne – Pôle National Cirque Amiens
Place Longueville, 80000 Amiens
A quelques encablures de sa maison, et en lien direct avec sa passion pour le spectacle, se dresse l’impressionnant Cirque Jules Verne. Inauguré en 1889 en présence de Jules Verne lui-même, ce cirque en dur, qui n’est pas sans rappeler le cirque d’hiver à Paris, est l’un des rares de cette envergure encore existants en France. Son architecture octogonale, avec sa coupole métallique, est remarquable. Aujourd’hui, bien plus qu’un simple cirque, c’est un lieu de diffusion et de formation dédié aux arts circassiens contemporains. Des représentations y ont régulièrement lieux, pour cela il suffit de consulter le site du Cirque Jules Verne.
Bibliothèque Louis Aragon
50 Rue de la République, 80000 Amiens
Nous remontons par la rue de la république, pour passer devant la Bibliothèque Louis Aragon, et faire une petite pause pour admirer ce bel édifice. Elle se distingue autant par son architecture que par la richesse de son patrimoine. Édifiée entre 1823 et 1825 sur les plans de l’architecte François-Auguste Cheussey, elle adopte un style néo-classique sobre et élégant, marqué par l’usage de pierre calcaire issue des anciennes fortifications de la ville. Plusieurs campagnes d’agrandissement, dont une extension contemporaine en 1982, ont permis d’adapter ce bâtiment historique aux besoins modernes, tout en conservant ses façades et décors intérieurs protégés au titre des monuments historiques depuis 1979.
La bibliothèque Louis-Aragon joue un rôle central au sein du réseau des Bibliothèques d’Amiens Métropole, créé en 2000. Elle incarne à la fois un lieu d’accueil, de culture et de mémoire. Classée pour l’importance de ses collections, elle est dépositaire d’un riche fonds patrimonial, dont plus de 2 500 manuscrits, certains d’époque carolingienne, des incunables, des archives anciennes, ainsi que la prestigieuse Collection Charles de l’Escalopier, offerte à la ville en 1866. On y trouve également la Collection Jules Verne, source majeure des objets exposés à la Maison de l’écrivain.
Par ailleurs, la bibliothèque mène des actions en faveur de la création contemporaine à travers son artothèque, son fonds musical régional CD’ICI !, ou encore son espace image et son. Lieu d’étude, de découverte et d’échange, elle accueille aussi l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d’Amiens, ainsi que l’association Éklitra, confirmant son rôle de carrefour intellectuel et culturel au sein de la métropole amiénoise.
Musée d’Amiens
Rue de la République, 80000 Amiens
Temple de l’Église Réformée de la Somme
& l’église Saint Jacques
Rue Saint-Jacques, 80000 Amiens
Nous prenons la direction de l’est, pour nous rendre au temple protestant d’Amiens. Ce lieu de culte discret situé au 24 rue Jean Catelas, n’en est pas moins chargé d’histoire. Le protestantisme s’implante à Amiens dès les années 1830, notamment grâce à des industriels britanniques comme James Carmichael et John Maberly, qui financent la construction d’un premier temple en 1845. Cet édifice est malheureusement détruit lors des bombardements du 19 mai 1940. Le temple actuel, bâti en 1951-1952 par l’architecte amiénois Benjamin Maneval, présente une architecture sobre et fonctionnelle en brique, caractérisée par six piliers massifs supportant un fronton triangulaire. Aujourd’hui, il abrite la paroisse protestante membre de l’Église protestante unie de France, perpétuant une tradition de foi discrète mais ancrée dans l’histoire industrielle et spirituelle de la ville.
Église Saint Jacques
Juste à côté, l’Église Saint-Jacques d’Amiens, ayant connu de multiples reconstructions, est un symbole de résilience. D’abord édifiée au XVe siècle, elle fut démolie en 1833, rebâtie en 1835 (par François-Auguste Cheussey), puis gravement endommagée par un incendie en 1857 et les bombardements des guerres mondiales (1918 et 1940). Elle fut finalement restaurée dans un esprit contemporain en 1964. De style néoclassique, l’église se distingue par sa façade à portique inspirée de l’architecture grecque, une nef de près de 20 mètres de haut avec des pilastres doriques, et un clocher en retrait. Son décor intérieur est signé Lefebvre-Daussy et Nicolas Cauchemont, et l’orgue actuel, conçu en 1963, perpétue sa tradition musicale.
Pour l’anecdote, en passant devant son portail sud, nous sommes interpelés par un bruit électrique anormalement fort, comme si un défaut électrique se produisait à intervalle régulier et très rapproché. Au même moment d’autres passants se posent les mêmes questions et pour le contexte, nous sommes au lendemain d’un important orage et nous partageons notre inquiétude quant à la possibilité d’un appareil ou éclairage qui aurait pu être endommagé par la foudre. Une passante décide d’appeler la police qui redirige l’appel auprès des pompiers… Nous attendons quelques minutes leur venue, inquiet… Lorsque le camion s’arrête devant nous sirène hurlante, le pompier descend et nous informe qu’il s’agit-là d’un effaroucheur à pigeons… La honte. Nous nous sommes tous excusés auprès de ces hommes intervenus pour rien.
Place au Fil
Place au Fil, 80000 Amiens
Beffroi d’Amiens & Malmaison
La Place au Fil est un point névralgique de la vie commerçante locale. Son nom évoque l’histoire des métiers liés à l’eau et au textile (« fil ») qui animaient autrefois ce secteur bordé par les canaux de la Somme. Aujourd’hui encore, cette place entourée de maisons anciennes, réuni de nombreux cafés et restaurants et le marché y prend place tous les mercredis et samedis autour du Beffroi.
En parlant du Beffroi, il est Inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2005. Ce monument historique, dont la base remonte au XIIe siècle, est un puissant symbole de l’acquisition du statut de commune par Amiens en 1117 et de son émancipation. Au fil des siècles, le Beffroi a traversé de nombreuses épreuves, notamment des incendies (en 1562 et 1742) et les bombardements de la Seconde Guerre mondiale en 1940, qui ont détruit sa toiture et causé la chute de sa cloche de 11 tonnes, « Marie-Firmine ». Reconstruit à plusieurs reprises, notamment au XVIIIe siècle pour lui donner son aspect actuel, et restauré en 1989-1990, il arbore un nouvel « Ange de la Renommée » à son sommet depuis 1990.
Non loin de là, en contournant quelques bâtiments à droite en direction du fond de la place au Fil, se trouve la Malmaison, aussi connue sous le nom de Maison du Bailliage. Cette étrange et belle maison, située derrière l’Hôtel de Ville, était l’ancienne résidence du bailli d’Amiens, premier magistrat de la ville. Son nom proviendrait de « Mallum Publicum », désignant le lieu de l’Assemblée de Justice à l’époque carolingienne. L’édifice actuel, datant du XVIe siècle (plus précisément de 1541), a été un siège de la justice royale jusqu’à la Révolution. Bien que sa façade, classée Monument Historique depuis 1941, soit d’un style gothique flamboyant avec des sculptures Renaissance, la majeure partie du bâtiment a été détruite par les bombardements de mai 1940 et intégrée dans une nouvelle construction après 1945. La Malmaison abrite aujourd’hui le service des finances de la ville, mais sa façade reste un témoignage précieux de l’architecture civile d’Amiens et de son riche passé judiciaire.
Quartier Saint Leu
Nous voici en direction d’un des quartiers les plus connus de la ville : Saint-Leu. Traversé par les bras de la Somme, le quartier de Saint-Leu est surnommé la « Petite Venise du Nord ». Né au Moyen Âge des activités artisanales liées à l’eau, il offre aujourd’hui des ruelles charmantes, bordées de maisons colorées et animées par des boutiques, cafés et restaurants. Point de convergence entre la ville haute et la ville basse, Saint-Leu abrite le Théâtre de Marionnettes Chés Cabotans d’Amiens et ses célèbres « cabotins » menés par Lafleur, ainsi que les derniers moulins historiques comme Passe-Avant et Passe-Arrière que nous n’allons pas tarder à découvrir. Tout au long de l’année, ce quartier vivant est le théâtre d’événements culturels variés, dont le traditionnel Marché sur l’eau et les Médiévales au bord de l’eau ou encore des festivals comme aujourd’hui.
Ruine de l’hôtel-dieu
63 Rue St Leu, 80000 Amiens
Et c’est par un décors assez surprenant que nous découvrons le quartier. Ces vestiges sont les témoins de l’ancien hôpital médiéval d’Amiens, une institution fondamentale qui accueillait les malades, les pauvres et les pèlerins. Détruit en partie lors des bombardements et par l’érosion du temps, il ne reste que des fragments de cette structure autrefois essentielle.
Moulin Passe-Avant
C’est pas vraiment le style du quartier qui est dépeint dans l’introduction me direz-vous ! C’est environ 200 mètres plus au nord que nous arrivons devant un nouveau bâtiment un peu fatigué par le temps.
Ces bâtiments racontent l’histoire industrielle de la ville depuis près de neuf siècles. Ce moulin à eau témoigne d’une époque où la Somme animait de nombreuses activités artisanales. Dès le XIIe siècle, les bras de la Somme accueillaient de multiples moulins et au XVe siècle on en comptait pas moins de 25. Reconstruit en 1528 sur quatre niveaux en pans de bois et torchis, ce moulin à eau appartenait à l’évêché et au chapitre de la cathédrale, comme tous ses homologues du quartier de Saint-Leu. Son nom particulier provient de sa priorité hydraulique sur le bras des Clairons, bénéficiant du débit d’eau avant le moulin voisin, le Passe-Arrière. Au fil des siècles, le moulin a su s’adapter aux évolutions économiques locales. D’abord destiné à la production de farine, il s’est reconverti dans la fabrication de moutarde puis dans l’industrie teinturière. Sa roue à aubes, aujourd’hui de type Poncelet, a longtemps été le moteur de ces activités successives. Au XIXe siècle, elle alimentait notamment la fabrique de moutarde Brûlé, avant que le site ne devienne une teinturerie au XXe siècle. Abandonné pendant des décennies, le Moulin Passe-Avant a retrouvé ses lettres de noblesse grâce à sa classification en Monument Historique le 2 décembre 1986. Amiens Métropole l’a acquis pour un euro symbolique en 2007, avant d’entreprendre sa restauration complète à partir de 2014. Ces travaux ont permis de préserver ses éléments architecturaux remarquables : sablières moulurées, poteaux ornés de masques sculptés, et une vierge aux rayons finement ciselée sur le poteau cornier.
La Citadelle d’Amiens
Rue des Français Libres, 80000 Amiens
Arrivé en haut de la rue Saint-Leu, il est impossible de manquer l’imposante Citadelle dont les remparts se fondent presque dans la végétation. Nous allons y faire un petit crochet avant de retourner se balader dans les canaux. Construite au XVIe siècle sur ordre du roi Henri IV, cette vaste forteresse militaire visait à protéger la ville des invasions, notamment espagnoles. Avec ses bastions, ses courtines et ses fossés, elle représentait un redoutable système défensif. Longtemps caserne militaire, la Citadelle a connu une transformation spectaculaire et audacieuse. Elle abrite aujourd’hui le campus universitaire de l’Université de Picardie Jules Verne, avec des bâtiments modernes conçus par Renzo Piano, intégrés harmonieusement aux vestiges des remparts. C’est un exemple fascinant de reconversion du patrimoine, où l’histoire et le savoir se côtoient, prouvant que même les vieilles pierres peuvent avoir une nouvelle jeunesse !
Rue des Becquerelles
En redescendant de la Citadelle, nous replongeons dans l’ambiance si particulière du quartier Saint-Leu. C’est le quartier historique des tanneurs, teinturiers et meuniers, avec ses canaux bordés de maisons à pans de bois colorées. Les ponts enjambent l’eau, les péniches amarrées et les reflets des façades dans la Somme donnent à Saint-Leu son surnom de « petite Venise du Nord ». C’est un quartier vivant, riche en petits restaurants, bars et boutiques d’artisans, idéal pour flâner et s’imprégner de l’atmosphère unique d’Amiens. On ne s’en lasse pas !
Le quartier est également un véritable musée à ciel ouvert pour le street art, avec des œuvres de toutes tailles. Du petit personnage culte niché au coin d’une rue à l’immense fresque recouvrant tout un mur, la couleur est la véritable reine de ce quartier.
Horloge Dewailly
9-11 Rue des Sergents, 80000 Amiens
Voici un bon moment que nous arpentons les canaux du quartier de Saint-Leu et il est désormais temps de découvrir d’autres endroits. Et c’est en déambulant que nous passons à côté de cette remarquable Horloge Dewailly et Marie-sans-chemise. Aujourd’hui située Place Dusevel à Amiens, est la fidèle reconstitution de celle qui ornait la Place Gambetta avant 1940. Nommée en hommage à Louis Dewailly, ancien maire ayant fait un legs généreux pour son édification, elle fut conçue en 1896 par l’architecte Émile Ricquier. Surplombant une colonne métallique Art Nouveau, ses trois cadrans éclairés servaient les passants à une époque où les montres étaient rares. En 1898, une statue en bronze, allégorie du Printemps œuvre d’Albert Roze, y fut adossée. Rapidement surnommée « Marie-sans-chemise » par le poète Édouard David en raison de sa nudité, cette figure est la seule partie d’origine de l’horloge actuelle. Mise à l’abri des bombardements en 1940, elle fut retrouvée seule après la guerre, tandis que la colonne originale gisait rouillée. Après avoir été exposée isolément, l’horloge a finalement été fidèlement reproduite et inaugurée Place Dusevel le 31 décembre 1999, marquant l’entrée dans le XXIe siècle à quelques mètres de son emplacement initial.
Place Notre Dame
Après un petit tour dans le quartier de la Cathédrale, nous nous en rapprochons par la Rue Porion ou se trouve de jolies maisons et des portes monumentales. Nous descendons vers la Place Notre-Dame ou l’immense parvis s’ouvre devant la cathédrale. C’est un espace vaste et dégagé, conçu pour mettre en valeur l’édifice religieux. La place est le point de convergence des rues du centre-ville, souvent animée par le marché de Noël en hiver ou par les terrasses de cafés aux beaux jours. Elle offre une perspective incroyable sur la façade occidentale de la cathédrale, permettant d’en apprécier pleinement la grandeur avant d’y pénétrer. Par beau temps, n’oubliez pas vos lunettes de soleil, le sol est éblouissant !
Cathédrale Notre-Dame d’Amiens
30 Place Notre Dame, 80000 Amiens
Mais quel édifice !! Nous voici enfin devant le clou du spectacle : la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est tout simplement la plus vaste cathédrale de France par son volume intérieur (200 000 m³), et l’un des chefs-d’œuvre de l’art gothique classique du XIIIe siècle. Sa construction débuta en 1220 et fut remarquablement rapide pour l’époque, ce qui lui confère une grande unité stylistique.
Sa façade occidentale est un chef-d’œuvre de sculpture, avec ses trois grands portails richement ornés de statues, dont le célèbre « Beau Dieu » du portail central. À l’intérieur, la hauteur des voûtes, la finesse des colonnes et la richesse des vitraux (même si beaucoup ont été remplacés) sont à couper le souffle. On y admire les stalles du chœur, un ensemble de boiseries sculptées du début du XVIe siècle d’une finesse incroyable, racontant des milliers d’histoires. Amiens a la chance de posséder une cathédrale dont la statuaire est particulièrement bien conservée. Chaque détail est une merveille d’ingéniosité et de dévotion. C’est un moment de contemplation et d’émerveillement garanti.
Chiffres clés – Cathédrale d’Amiens
Cathédrale d’Amiens en chiffres
800
Ans d’histoire
Construction débutée en 1220
200 000
M³
Deux fois Notre-Dame de Paris en volume
145
Mètres
Longueur d’est en ouest
42,3
Mètres
Hauteur sous voûte
885 000
Visiteurs
Touristes par an
En remontant la Rue de la Dodane, il ne faut pas hésiter à se retourner en passant le pont, le point de vue sur la cathédrale est superbe ! Et rappel un peu celui de la Groenplaats d’Anvers
Comme vous l’aurez deviné, notre exploration nous ramène dans le quartier de Saint-Leu. Bien que nous l’ayons déjà traversé, de nombreuses rues et recoins nous attendaient encore. C’est un endroit véritablement exceptionnel : vivant, plein de charme et d’une richesse colorée qui en fait un de mes coup de cœur.
Parc Saint-Pierre
Chemin de Halage, 80000 Amiens
Après tant d’émotions architecturales, une pause s’impose au Parc Saint-Pierre, un vaste espace vert situé à proximité de la cathédrale et du quartier Saint-Leu. Aménagé sur d’anciens marais asséchés, ce parc offre des pelouses spacieuses, un grand plans d’eau et diverses aires de jeux. C’est l’endroit idéal pour se détendre ou pique-niquer. Le Parc Saint-Pierre (avec les Hortillonnages) est un poumon vert de la ville, apprécié des Amiénois et des visiteurs pour sa tranquillité.
Lille est la capitale des Hauts-de-France, une région du nord de la France. Elle se trouve à proximité de la frontière belge. Aujourd’hui centre culturel et ville universitaire animée, elle fut autrefois une importante plateforme marchande des Flandres françaises, et de nombreuses influences flamandes demeurent encore. Le centre historique, le Vieux Lille, se caractérise par ses maisons de ville du XVIIe siècle en briques rouges, ses ruelles piétonnes pavées et sa Grand’Place centrale.
En arrivant de la gare de Lille et après avoir remonté la rue Faidherbe, nous parvenons sur l’un des lieux les plus emblématiques de la ville, la Grand’Place, également appelée place du Général de Gaulle.
La place est dominée par quatre femmes : la Déesse en son centre et surement la plus visible, qui commémore le siège de Lille par les Autrichiens en 1792 et les trois femmes qui couronnent le bâtiment de la Voix du Nord. Ces trois dernières représentent les trois provinces de la région : l’Artois, la Flandre et le Hainaut. La Grand’Place, née au Moyen Âge, au carrefour des grandes foires entre le Nord et le Sud, est vouée au commerce, dont la Vieille Bourse reste le symbole fastueux. Face à la Vieille Bourse, la Grand Garde, construite en 1717, est le parfait exemple d’une architecture classique. On reconnaît dans le fronton triangulaire le soleil de Louis XIV et, de part et d’autres, les armoiries de France et de Lille. S’y trouvent aussi de nombreux restaurants, snacks, glaciers ou boutiques en tout genre. Les Furets du Nord en sont l’un des plus connus !
La vieille Bourse
Toujours sur la Grand’Place, l’ancienne bourse fut inaugurée en 1653 et c’est incontestablement le plus beau monument de la ville. Elle se compose de vingt-quatre maisons identiques qui entourent un cloître, dans lequel de superbes cariatides ornent les pilastres. Les fenêtres et frontons sont ornés de cartouches, de guirlandes et de fruits charnus, à la manière de la Renaissance Flamande. Les lions de Flandre sculptés sur les portails rappellent l’appartenance de Lille aux Pays-Bas. Par ailleurs, sur les quatre côtés, au-dessus des fenêtres du deuxième étage, sont peints dans des cartouches aux couleurs vives les sigles d’entreprises contemporaines. C’est grâce à leur mécénat, que des travaux de restauration ont redonné tout son éclat à la Vieille Bourse. Actuellement, elle accueille dans sa cour des bouquinistes
Opéra de Lille
En ressortant de la vieille Bourse par la porte opposée de celle donnant sur la Grand’Place, nous faisons face à l’Opéra de Lille. Un bâtiment d’inspiration néo-classique qui n’est pas si ancien qu’il n’y parait : construit de 1907 à 1913, il est inauguré officiellement en 1923. Il a été érigé suite à l’incendie qui détruisit l’ancien Opéra en 1903. A ses débuts, ce nouveau bâtiment, alors pas encore achevé, fut occupé par les Allemands, dispensant ainsi des spectacles et des concerts y ont été présentés en faisant la part belle à Wagner, Mozart, Strauss, Beethoven.
Rue du Petit Paon
L’une des plus petites et plus anciennes rue de Lille ! Elle ne fait que 20 mètres de long et date de l’édification de la bourse au 17e siècle.
Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille
On la nomme « la Treille » c’est la cathédrale de l’archevêque de Lille. Eglise-Mère du diocèse, elle est le lieu des grands rassemblements lors des temps forts de la vie de l’Eglise. Des temps de prière et célébration, des expositions et diverses manifestations culturelles et musicales en font un haut lieu de vie du Vieux Lille.
La cathédrale s’élève à l’emplacement de l’ancienne motte féodale. Le premier donjon des comtes de Flandre, suppose-t-on, a été bâti ici. En 1854 est posée la première pierre pour la future cathédrale de Lille. La chapelle absidiale est achevée en 1897, le chœur et le transept peu après. En 1913, Lille devient le siège d’un évêché tandis que le chantier de l’église se poursuit lentement jusqu’en 1947. L’ensemble néo-gothique finalement ne sera pas achevé selon les plans primitifs. La belle façade digne de l’édifice date seulement de 1999. Ce projet audacieux de terminer la façade a été confié aux architectes Pierre-Louis Carlier et Peter Rice, la rosace est de l’artiste Ladislas Kijno et le portail exceptionnel du sculpteur Georges Jeanclos.
Adossée à la Cathédrale un petit passage haut en couleurs permet de rejoindre rapidement les Hospices Comtesse
Musée de l’Hospice Comtesse
Au cœur du Vieux-Lille, le musée prend place dans l’hôpital fondé en 1237 par la comtesse Jeanne de Flandre, et dont l’activité ne cessa qu’en 1939. Les bâtiments actuels datent des 15ème, 17ème et 18ème siècles. Ils se composent d’une salle des malades, d’une chapelle décorée des armoiries des principaux bienfaiteurs de l’hôpital, et des bâtiments de la communauté des sœurs augustines. Depuis 1962, ils servent d’écrin à la présentation de tableaux, tapisseries, bois sculptés, meubles et faïences de la région, pour évoquer l’intérieur d’une maison religieuse flamande du 17ème siècle.
Maison natale Charles de Gaulle
Chaque fois que j’y revenais, je me sentais redevenir lillois.
Charles de Gaulle
C’est ici, au 9 rue Princesse, dans la demeure de ses grands-parents maternels que Charles de Gaulle a vu le jour le 22 novembre 1890. Cette maison fut le lieu de retrouvailles familiales pendant toute son enfance et sa jeunesse. C’est dans une famille unie autour de valeurs communes et dans un contexte géopolitique en plein bouleversement, que s’est forgé le caractère du futur Président de la Ve République.
Passage des Trois Anguilles
En reprenant la direction du centre ville, après la maison natale de Charles de Gaulle, se trouve un passage (secret) si étroit qu’il est facile de le louper. C’est encore plus vrai côté rue Voltaire car l’entrée du passage semble faire partie de la maison. Son indication est d’ailleurs beaucoup plus discrète. Alors que le passage est clairement indiqué rue Négrier par un panneau en bois au dessus d’une porte ouverte, seules trois anguilles gravées dans la pierre indiquent cette ruelle rue Voltaire.
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100 m
Longueur
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1.20 m
Largeur
Les rues de Lille
Mais parce que Lille ne se résume pas qu’a de jolis monuments, il est important de flâner dans la ville pour profiter pleinement de son architecture. Tantôt gris, tantôt ensoleillé, le ciel change radicalement le paysage, mais quoi qu’il en soit, la chaleur demeure.
Lille-centre
L’Hôtel de Ville et son Beffroi
L’hôtel de ville fut construit entre 1924 et 1932 par l’architecte Emile Dubuisson qui s’est inspiré de la tradition flamande avec ses maisons à pignons triangulaires, tout en utilisant un matériau résolument moderne : le béton armé. L’intérieur présente un grand hall de 107 mètres de long, rythmé par deux rangées de piliers aux motifs floraux. Une exceptionnelle collection d’œuvres d’art contemporain orne les montées d’escaliers, les couloirs et les salles municipales. La fresque la plus spectaculaire est celle de l’Islandais Erro qui raconte sous forme de bandes dessinées l’histoire de la ville.
Porte de Paris
A quelques mètres en contrebas de l’Hôtel de Ville, se trouve la porte de Paris ou porte des malades. Elle est l’une des portes les plus importantes de la ville de Lille. Construite pour partie à la fin du 17e siècle en arc de triomphe pour célébrer les victoires de Louis XIV.
Parc Jean-Baptiste Lebas
Après la Porte de Paris, en continuant sur le Boulevard Papin, on fait face au long parc Jean-Baptiste Lebas. Un bel écrin de verdure aménagé pour petits et grands.
Maison Coilliot
Cette surprenante maison de style Art nouveau à été réalisée par Hector Guimard (l’architecte des iconiques édicules ornant les bouches de métro à Paris). On peut la retrouver au 14 rue de Fleurus.
Construite en pierre de taille, brique, lave, fer forgé et céramique, la maison Coilliot comporte une boutique au rez-de-chaussée et un logement d’habitation sur trois niveaux, au-dessus. Édifiée sur une parcelle biaise, elle présente une double façade asymétrique. Entre la façade urbaine à l’alignement de la rue et la façade domestique perpendiculaire aux murs mitoyens se place une superposition de balcons à la loggia du bel étage. La façade est encadrée de plaques de lave émaillée de couleur verte et surmontée d’un fronton et d’une toiture-pignon en bois.
Le Palais Rameau
Palais Rihour
Commencé en 1453 par Philippe Le Bon, duc de Bourgogne, c’est un des rares vestiges lillois de l’architecture gothique flamboyant.
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En 1450, Philippe le Bon engage des négociations avec la ville pour obtenir des subventions pour la construction d’un nouveau palais. Il obtiendra 6 000 livres sur quatre ans octroyés par le Magistrat. En 1453, le terrain de l’ancienne manse de Rihout (ou Rioult ou Rihoult), îlot marécageux enserré par les bras de la Deûle, est acquis et les travaux de construction sur les plans de l’architecte Evrard de Mazières sont engagés. Ils s’achèveront vingt ans plus tard sous Charles le Téméraire.
Gare de Lille Flandres
Principale gare de Lille depuis 1848, la gare de Lille-Flandres n’a pris ce nom qu’en 1993 à l’ouverture de la gare de Lille-Europe, située à 500 mètres. Sa façade néo-classique est à l’origine de celle de la gare du Nord à Paris, démontée puis remontée à Lille ! Desservant la région Nord-Pas-de-Calais, elle accueille quotidiennement 460 TER de la SNCF. En provenance de Paris, il ne faut qu’à peine plus d’une heure pour se retrouver sur les quais de la gare. Le TGV vous y mène rapidement, ce qui est idéal pour changer d’air le temps d’une journée.
Euralille
Inauguré en 1994, ce quartier aux tours futuristes s’organise autour de la gare TGV Lille Europe, de Lille Grand Palais (centre de congrès, hall d’exposition et salle de spectacle) et du centre commercial Euralille. L’extension du quartier se poursuit avec Euralille 2 où sont implantés le casino, l’hôtel de région et le Bois Habité (nouveau quartier associant des logements, des commerces et des bureaux, le tout agrémenté d’allées vertes et d’arbres ; d’où le nom du quartier). Euralille 3 fera la jonction entre la Porte de Valenciennes (qui accueille déjà la nouvelle auberge de jeunesse Stéphane Hessel) et la friche ferroviaire Saint Sauveur.
Lorsque vous prenez le TGV, ne vous trompez pas de gare, il est possible d’arriver aux Flandres et de repartir à la gare de l’Europe 😉
Citadelle
Citadelle
Elle est l’œuvre de Sébastien Leprestre, Marquis de Vauban. Edifiée sur ordre de Louis XIV qui venait de conquérir la ville, sa construction se déroula sur trois ans de 1667 à 1670. À l’origine, c’est une petite ville entourée de cinq bastions, formant une étoile. Pour la construire, il a fallut cuire soixante millions de briques, extraire des carrières trois millions de blocs de pierre et soixante dix mille pieds de grès. La porte royale de l’entrée arbore une inscription en latin, véritable louange à la gloire du Roi Soleil. Cette « Reine des Citadelles », établie sur la frontière de la Flandre, faisant partie d’une double ligne de places fortes entre Gravelines, Dunkerque et Maubeuge/Rocroi. C’était le fameux « Pré Carré », conçu par Vauban comportant 28 villes fortifiées.
Pont Napoléon
Le pont Napoléon est un ouvrage d’art situé sur l’esplanade de la Citadelle. Il est nommé en l’honneur de Napoléon Ier traversant la Moyenne-Deûle. Le pont, érigé en 1812, comporte le nom de plusieurs victoires napoléoniennes. Son histoire n’est pas des plus ennuyeuses : détruit en 1918 par l’armée allemande lors de sa fuite durant la Première Guerre mondiale. Il est reconstruit partiellement en 1920 et à nouveau détruit par les Allemands en 1944. Un projet de reconstruction est planifié en 1939 ; le pont n’a été reconstruit à l’identique qu’en 2014.
Jardin Vauban
A quelques pas de la citadelle, se trouve ce magnifique jardin, créé en 1863 par l’architecte paysagiste et jardinier en chef de la ville de Paris Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Ce jardin est désormais classé monument historique. Tout le charme de cet ensemble opère en arpentant ses allées sinueuses, en traversant des massifs, des bassins, théâtre de marionnettes… Et au milieu de cette beauté typiquement anglaise, une magnifique grotte artificielle rend la promenade à la fois magique et irréelle. En passant sous une cascade, vous pourrez vous y réfugier et profiter de ce tableau champêtre qui vous fait oublier que vous vous trouver en plein centre ville.
Les bonnes adresses
Les Compagnons de la Grappe
26 Rue Lepelletier 59000 Lille
Ce restaurant nous a beaucoup plus, de part son cadre, et la qualité des plats et la possibilité de découvrir différentes spécialités autour d’une assiette.
Brasserie La Chicorée
15 Place Rihour 59000 Lille
Idéalement placé à proximité de la Grand’Place et du Palais Rihour, cette brasserie est un endroit agréable ou passer le temps.
Babe
48 Rue de l’Hôpital Militaire 59800 Lille
Assurément notre coup de coeur ! Ce restaurant au décors industriel est à la fois conviviale et intimiste. Les plats servis sont délicieux