Se rendre à Bayonne depuis Paris

7H50

4H30

770 km
Sommaire
- Remparts de Bayonne
- La Poterne et Château-Vieux – Gaztelu Zaharra
- Halles de Bayonne
- Les quais
- Musée Basque et de l’histoire de Bayonne
- Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne
- Le Cloître de Bayonne
- Place Montaut
- Collège privé Notre-Dame
- Les corporations
- Tour Vieille-Boucherie
- Porte d’Espagne
- Stade Christian Belascain
- La Tour de Sault
- De retour sur les quais
- Port-Neuf, rue gourmande
- Théâtre Michel-Portal (Scène nationale du Sud-Aquitain)
- L’Adour & Pont Saint-Esprit
- Bayonne Street-Art
- Peña Taurine Bayonnaise
- Rue Sainte-Catherine
- Gare de Bayonne
- DIDAM & Ongi Etorri
- Bayonne by night
Cap au sud-ouest, tout au bout : Bayonne, capitale du Pays basque français. Nous venons y chercher des remparts, du gothique et du chocolat, et nous ne repartirons déçus sur aucun des trois tableaux !
La ville vit à la jonction de deux rivières, l’Adour et la Nive, et ça se sent partout. Les quais, les ponts, les maisons de marchands. Ici, tout est arrivé par l’eau.
Parking
Visez le Parking Champ de Foire en périphérie pour éviter de stresser dans les ruelles médiévales !
Remparts de Bayonne
On attaque par les remparts, et par dix-sept siècles d’un coup. En dessous, le castrum romain de Lapurdum, du IVe siècle. Au-dessus, les bastions et les fossés de Vauban, qui a fondu l’ancien dans le moderne au XVIIe.
Bayonne était la clé du Sud-Ouest, la dernière place forte avant l’Espagne, et elle a soutenu des sièges mémorables. Le dernier, en 1814, l’a opposée aux troupes de Wellington, et la garnison tenait encore quand Napoléon avait déjà abdiqué. La ville n’a jamais été prise.
La silhouette de ville-forteresse est restée, ouverte sur ses deux rivières, et les remparts se parcourent aujourd’hui à pied entre les jardins, et on ne s’en prive pas.
La Poterne et Château-Vieux – Gaztelu Zaharra
Juste à côté s’ouvre la Poterne, la porte dérobée par où les soldats sortaient en douce. Au-dessus veille le Château-Vieux, posé sur les fondations romaines. Louis XI et François Ier y ont dormi, et Vauban a raboté son donjon pour les canons.
Il appartient toujours à l’armée, alors nous nous contentons d’en faire le tour. Des murs de trois mètres d’épaisseur, quand même !
Ce château a passé trois siècles sous pavillon anglais. Quand Aliénor d’Aquitaine épouse Henri Plantagenêt en 1152, Bayonne devient anglaise avec toute la Guyenne, et elle le restera jusqu’en 1451. Ses marchands vendaient le vin de Gascogne à Londres, ses charpentiers construisaient des navires pour le roi d’Angleterre, et la ville n’a pas rejoint la France de gaieté de cœur.
Les remparts que nous longeons racontent la suite. Après la reconquête, Bayonne devient une place frontière, et Vauban la reprend entièrement à la fin du XVIIe siècle. Bastions, demi-lunes, fossés inondables et une citadelle sur l’autre rive, le tout pour tenir la route d’Espagne.
Halles de Bayonne
Changement d’ambiance aux Halles, entre Nive et Adour. Les halles à la Baltard se sont effondrées sous la neige en 1945, et le béton des années 60 n’a pas laissé de grands regrets. La brique et le verre de 1994 leur vont bien mieux.
On y vient pour le jambon de Bayonne, l’Ossau-Iraty, et pour les chants basques qui montent des balcons le samedi matin. Quelle thérapie !
Le jambon mérite qu’on s’y arrête pour de bon. Il se sale au sel de Salies-de-Béarn, tiré d’une source naturellement saumâtre, puis sèche au moins sept mois au vent du sud, ce fameux foehn qui descend des Pyrénées. Le nom vient du port, car c’est d’ici qu’on l’expédiait, pas d’ici qu’il vient.
Nous sommes exactement au confluent, la Nive verte se jetant dans l’Adour beaucoup plus large. L’Adour, d’ailleurs, n’a pas toujours coulé là. Il partait vers le nord et sortait du côté de Capbreton, ruinant le port de Bayonne, jusqu’à ce qu’un ingénieur nommé Louis de Foix lui creuse un passage direct vers la mer en 1578. La ville lui doit tout !
Les quais
Le long de la Nive, les quais alignent les hautes maisons à arcades et à colombages colorés, les plus photographiées de Bayonne. On les longe d’un pont à l’autre, en changeant de rive pour varier les angles.
Ces maisons de marchands datent des XVIIe et XVIIIe siècles, et leurs couleurs ne doivent rien au hasard : on utilisait les restes de peinture des bateaux, le rouge et le vert basques, pour protéger le bois. Les arcades au ras de l’eau servaient à décharger les barques directement dans les réserves. On imagine le va-et-vient.
Musée Basque et de l’histoire de Bayonne
Pour comprendre où nous sommes, direction la Maison Dagourette, une belle demeure de négociant du XVIe siècle qui abrite le Musée Basque. La devise est gravée à l’entrée : « Hemen sartzen dena bere etxean da », celui qui entre ici est chez lui.
Trois mille objets, une vingtaine de salles, des intérieurs ruraux à la pelote basque, et le récit d’un carrefour où se sont mêlés Basques, Gascons et Juifs portugais, à la force du commerce atlantique.
Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne
Nous levons les yeux vers la cathédrale Sainte-Marie, une rareté. Du gothique rayonnant en plein Sud-Ouest roman. Le chantier a couru du XIIIe au XIXe siècle, et c’est Boeswillwald, un élève de Viollet-le-Duc, qui lui a offert ses deux flèches de 85 mètres.
Elle est classée à l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques. Sous les vitraux, on se sent tout petits, mais étrangement apaisés.
Ce gothique du Nord en plein pays gascon s’explique par la politique. Les évêques et les bâtisseurs regardaient vers Reims et Soissons, et le chantier a démarré juste après un incendie, au moment où la ville prospérait sous les Plantagenêts. Cherchez sur les clés de voûte, les léopards d’Angleterre y voisinent avec les armes de France.
Ne repartez pas sans passer par le cloître, sur le flanc sud. C’est l’un des plus vastes de France, avec ses galeries ouvertes sur un jardin et ses dalles funéraires usées par les pas. Le silence y tombe d’un coup, à trois mètres de la rue commerçante.
Le Cloître de Bayonne
Attenant à la cathédrale, le cloître est l’un des plus grands de France, tout en arcades gothiques du XIVe siècle.
Il servait de forum à la ville. On s’y réunissait, on y traitait les affaires, on y enterrait ses morts, et les dalles funéraires pavent encore les galeries. Le conseil de ville s’y est tenu pendant des siècles, faute de mieux.
C’est notre refuge préféré contre l’agitation du Grand Bayonne, et il est libre d’accès.
Place Montaut
La place Montaut respire. Son nom vient d’un palais disparu en surplomb de la Nive, et elle offre aujourd’hui un peu d’air au milieu du quartier serré.
Ces respirations sont rares dans le Grand Bayonne, où les rues se sont resserrées à l’intérieur des remparts pendant des siècles. Quand on ne pouvait pas s’étendre, on montait, et on obtient ces maisons si hautes et si étroites.
Regardez les façades de près, elles racontent la même contrainte. Les colombages sont peints en rouge sang de bœuf, en vert ou en bleu, avec des volets assortis, et chaque étage avance un peu sur la rue pour gagner quelques centimètres. Ce rouge n’est pas décoratif au départ, il vient d’un mélange de pigments de terre et d’huile qui protégeait le bois de l’humidité océanique.
Nous nous asseyons un moment sur la place, et c’est le meilleur endroit pour comprendre la ville. Six étages de bois peint au-dessus de nos têtes, la Nive à cinquante mètres, et pas un mètre carré de perdu !
Collège privé Notre-Dame
Au détour d’une rue, le collège Notre-Dame occupe un bel ensemble ancien. Nous n’y entrons pas, mais la façade mérite un coup d’œil en passant.
L’enseignement religieux tient une place ancienne dans la ville, et plusieurs établissements occupent d’anciens couvents désaffectés à la Révolution. Les cours intérieures se devinent derrière les portails quand on passe.
Bayonne comptait une quantité surprenante de communautés dans ses murs. Dominicains, cordeliers, clarisses, ursulines, carmes, chacun avec son enclos, son église et son cimetière, sur une surface pourtant minuscule. La Révolution a tout vendu, et ces vastes bâtiments sont devenus casernes, écoles, hôpitaux ou entrepôts.
C’est le sort de beaucoup de villes fortifiées. Les seuls grands volumes disponibles à l’intérieur des remparts étaient les couvents, alors on y a logé tout ce que le XIXe siècle voulait construire et n’avait pas la place d’installer.
Les corporations
Dès le Moyen Âge, ces métiers se sont organisés en corporations. On se défendait ensemble, on transmettait le geste, on répondait de la qualité. Les noms de rues en gardent la trace.
Rue des Cordeliers, rue des Tonneliers, rue Poissonnerie, rue des Faures pour les forgerons : chaque métier avait sa rue et son saint patron. Les corporations bayonnaises étaient puissantes, et certaines, comme celle des mariniers de l’Adour, ont duré jusqu’à la Révolution. On en croise les traces à chaque carrefour.
Tour Vieille-Boucherie
La tour de la Vieille-Boucherie est un reste des fortifications médiévales, prise dans les maisons du quartier. Il faut lever la tête pour la remarquer.
Son nom vient des étals qui se tenaient à son pied, hors des murs pour l’odeur et pour l’écoulement. Elle faisait partie de l’enceinte du XIIIe siècle, celle d’avant Vauban, et les maisons se sont adossées à elle au fil du temps plutôt que de l’abattre. On la cherche un moment avant de la trouver.
Porte d’Espagne
En suivant les remparts, nous voilà à la porte d’Espagne. Le seuil sud de la ville, celui des départs vers la frontière et la péninsule.
Une barbacane médiévale la gardait déjà, et Vauban en a fait un ouvrage bastionné, grande arche de pierre autrefois précédée d’un pont-levis. La franchir, c’était quitter la France, pour l’aventure ou pour le danger.
Le principe de Vauban se lit très bien ici. Fini les hautes murailles que l’artillerie abat en une journée, place à des remparts bas et épais, protégés par des fossés et flanqués de bastions en pointe qui se couvrent les uns les autres. Aucun angle mort, et pas un mètre de mur qui ne soit surveillé depuis un autre.
Nous avons de la chance que tout cela existe encore. Beaucoup de villes ont rasé leurs fortifications au XIXe siècle pour s’agrandir. Bayonne a gardé les siennes, et il en reste des kilomètres de promenade en herbe au-dessus des fossés.
Stade Christian Belascain
Le stade porte le nom de Christian Belascain, figure de l’Aviron Bayonnais. À Bayonne, le rugby est une seconde religion, et le ciel et blanc se porte fièrement.
Le club a été fondé en 1904 et compte trois titres de champion de France, dont celui de 1913 qui a fait entrer le jeu à la basque dans la légende. La rivalité avec le voisin biarrot, le derby de la Côte basque, remplit les tribunes depuis plus d’un siècle.
La Tour de Sault
Au bord de la Nive, la tour de Sault montait la garde depuis le XIVe siècle, en tandem avec la tour des Menons sur l’autre rive. Entre les deux, une estacade. Un barrage flottant qui fermait le port aux navires indésirables.
La tour a encaissé une crue au XVIIIe siècle et un écrêtement en 1832, mais sa base médiévale tient toujours, avec ses gros murs. Le parking moderne d’à côté ne lui enlève rien.
De retour sur les quais
On revient vers l’eau, l’ADN de Bayonne. Sous domination anglaise, les chantiers navals tournaient à plein ; les maisons hautes sur arcades hissaient les ballots de morue, d’épices et de sel venus de Terre-Neuve ou des Antilles.
Les marins bayonnais ont été parmi les premiers à pêcher la baleine dans le golfe, puis à pousser jusqu’à Terre-Neuve dès le XVIe siècle. Colbert y a installé l’Arsenal du Roi, et la ville a armé quantité de corsaires.
Les terrasses ont remplacé les entrepôts. L’esprit marchand, lui, est resté.
Port-Neuf, rue gourmande
Et puis il y a le chocolat. Si Bayonne en est la capitale française historique, tout a commencé autour du Port-Neuf.
À la fin du XVIe siècle, des familles juives d’Espagne et du Portugal, chassées par l’Inquisition, s’installent au quartier Saint-Esprit avec le secret du cacao. Le chocolat « à boire » conquiert la bonne société, et Bayonne devient la première ville de France à en produire.
De la rue Port-Neuf à Saint-Esprit, chocolatiers centenaires et jeunes ateliers perpétuent le geste. Un chocolat plus cacao que sucré, qu’on déguste ici comme un rituel. Nous avons fait notre devoir de mémoire, plusieurs fois.
Théâtre Michel-Portal (Scène nationale du Sud-Aquitain)
Sur la place de la Liberté, au confluent exact des deux rivières, l’hôtel de ville et le théâtre partagent le même palais néoclassique, un attelage rare.
L’édifice de Nicolas Vionnois, bâti de 1837 à 1842, logeait trois ailes. La douane, la mairie et un théâtre à l’italienne, aujourd’hui ramené à 592 places pour le confort des spectateurs.
Depuis 1990, la Scène nationale du Sud-Aquitain y rayonne sur tout le Pays basque, et la salle porte le nom de Michel Portal, l’enfant du pays devenu grand du jazz.
L’Adour & Pont Saint-Esprit
Traverser l’Adour par le pont Saint-Esprit, c’est changer de monde. Le premier pont, vers 1150, s’appelait le « Pount de la gran mar ». Refait sans cesse contre les crues et les guerres, il a pris sa forme actuelle en 1849, sept arches de pierre que le tramway empruntait dès 1910.
Longtemps voie unique entre la France et l’Espagne, il mène au quartier Saint-Esprit, le faubourg des pèlerins et des nouveaux venus. Avec les reflets de la marée, il vaut bien des monuments.
Bayonne Street-Art
Bayonne a aussi ses murs peints. Des fresques monumentales s’invitent sur les pignons de la ville, au fil d’un parcours street-art qui s’agrandit chaque année.
La ville invite des artistes depuis le milieu des années 2010, et les œuvres se répondent d’un quartier à l’autre, surtout côté Saint-Esprit. Certaines couvrent des immeubles entiers. Ouvrez l’œil en marchant !
Le choix des murs n’a rien d’anodin. Ce sont souvent des pignons aveugles laissés par une démolition, des façades d’immeubles sociaux ou des murs de quartiers un peu à l’écart du centre historique. La fresque redonne une adresse à des endroits que personne ne regardait plus.
Nous aimons cette manière de traiter une ville de patrimoine. Bayonne aurait pu se contenter de ses remparts et de ses colombages, et elle a préféré ajouter une couche d’aujourd’hui.
Peña Taurine Bayonnaise
Impossible de comprendre Bayonne sans ses peñas, ces associations qui font battre le cœur de la ville. La Peña Taurine Bayonnaise est de celles-là. La tauromachie comme prétexte, l’amitié comme vraie religion.
Installées dans d’anciennes casemates et échoppes voûtées des remparts, les peñas orchestrent les Fêtes de Bayonne, entre apéritifs, chants et animations. Des murs épais, un décor simple, et une joie très sérieuse.
Les Fêtes, il faut les avoir vues au moins une fois. Cinq jours à la fin du mois de juillet, toute la ville habillée de blanc avec le foulard et la ceinture rouges, des bandas à chaque coin de rue et plus d’un million de personnes dans les ruelles. L’idée date de 1932, empruntée aux San Fermines de Pampelune par quelques Bayonnais qui trouvaient leur été trop calme.
Une peña, en dehors de la semaine des Fêtes, c’est surtout un local, une longue table et des gens qui se connaissent depuis l’école. On y prépare l’année suivante, on y répète les chants, et on y mange remarquablement bien.
Rue Sainte-Catherine
La rue Sainte-Catherine, c’est le quotidien de Bayonne côté Saint-Esprit, avec ses commerces, ses artisans, ses épiceries fines et ses cafés. Nous nous fondons dans la ville sans effort.
Le quartier Saint-Esprit a longtemps été une commune à part, rattachée aux Landes, et il n’a rejoint Bayonne qu’en 1857. C’est là que s’étaient installées les familles juives arrivées d’Espagne et du Portugal, et la synagogue du XIXe siècle est toujours en activité.
Ces familles ont apporté quelque chose que toute la France leur doit. Chassées de la péninsule à la fin du XVe siècle, elles connaissaient le cacao rapporté des Amériques, et c’est ici, sur l’autre rive de l’Adour, que s’est travaillé le premier chocolat du royaume. Les artisans bayonnais s’y sont mis à leur tour, et la corporation des chocolatiers de la ville existait dès le XVIIIe siècle.
Bayonne reste une capitale du chocolat, et cela se sent en traversant le pont. Les ateliers du centre travaillent encore à l’ancienne, et le chocolat chaud y arrive dans un pot de porcelaine, avec un verre d’eau à côté. Faites le détour, vraiment !
Gare de Bayonne
La gare a fière allure, avec ses arcades et sa tour-horloge. Elle marque l’entrée dans la ville depuis 1858.
Sa position, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière, en a fait longtemps un passage obligé vers l’Espagne. Bayonne était le dernier grand nœud ferroviaire français avant la rupture d’écartement, les rails espagnols étant plus larges que les nôtres, si bien que tout le monde changeait de train à la frontière. Les voyageurs pour Madrid ou Lisbonne passaient tous par ici.
Cette différence d’écartement n’est pas un hasard technique. L’Espagne a choisi au XIXe siècle des rails plus écartés que le standard européen, et l’on a longtemps raconté que c’était pour empêcher une invasion par le rail. La vraie raison tient plutôt au relief et aux locomotives puissantes qu’il fallait pour franchir les montagnes.
La gare a gardé son allure de grande dame provinciale, avec sa façade en brique et pierre et son horloge que tout le monde regarde en arrivant. C’est ici que commencent et finissent beaucoup de vacances, et cela se voit sur les quais en juillet.
DIDAM & Ongi Etorri
Sur le quai, le DIDAM, les anciennes Affaires maritimes, est un beau morceau d’Art déco de 1933, signé des frères Gomez. Regardez le fronton, cordages, rames et monstres marins, tout le quartier en résumé.
La Ville l’a réhabilité dans les années 2010 en espace d’art contemporain, lumineux et gratuit. Le patrimoine et la création s’y répondent d’une exposition à l’autre.
Ce bâtiment dit ce qu’était le port à l’époque. Bayonne expédiait alors le bois des Landes, la résine, le maïs et le soufre, et recevait les morues de Terre-Neuve. Il fallait toute une administration pour tenir les registres, contrôler les équipages et délivrer les papiers, et elle a eu droit à un immeuble à sa mesure.
Les frères Gomez ont beaucoup construit dans la région, entre Bayonne, Biarritz et Anglet. Leur signature se reconnaît à cette rigueur géométrique adoucie par un décor sculpté, et nous en croisons plusieurs exemples sans toujours le savoir.
Bayonne by night
Un dernier mot, celui que nous lisons sur tant de façades, Ongi Etorri, bienvenue en basque. Dans cette ville où se sont croisés Basques, Gascons, Juifs, pèlerins et négociants, il dit l’essentiel.
La nuit venue, Bayonne change de registre sans changer d’humeur. Les quais de la Nive s’allument, les façades peintes prennent une profondeur qu’elles n’ont pas en plein jour, et les terrasses du Petit Bayonne se remplissent d’un coup, à l’heure où les autres villes se vident.
Les remparts éclairés valent aussi le détour à cette heure-là. En faisant le tour par les fossés, on voit la vieille ville posée derrière ses murs comme une maquette, et la cathédrale qui dépasse de tout au-dessus des toits.
Bayonne nous a pris par les sentiments, et par l’estomac. On reviendra, ne serait-ce que pour le chocolat !

