Se rendre à Brive-la-Gaillarde depuis Paris

4H35

4H40

480 km
Sommaire
- Château d’eau de Brive
- Passage du Sanglier
- Place du 15 Août 1944
- Grand hôtel de Bordeaux
- Cinéma Rex
- Rue de la République
- Fontaine Bourzat (Saint-Martin)
- Collégiale Saint-Martin de Brive-la-Gaillarde
- Place Charles de Gaulle
- Archives municipales
- Conservatoire de Brive
- Musée Labenche
- Palais de Justice
- Square Germain Auboiroux et Square Charles Boudy
- Place du Civoire
Brive, c’est d’abord un surnom qui claque. La Gaillarde. On vous expliquera pourquoi un peu plus loin. C’est aussi une sous-préfecture de la Corrèze qui vit fort, avec son centre piéton, son rugby et son marché.
Un marché entré dans la légende, d’ailleurs. C’est celui de l’Hécatombe de Brassens, et la halle porte aujourd’hui son nom. Nous, on est surtout venus flâner dans les rues !
Parking Guierle (payant)
Place du 14 juillet, 19100 Brive-la-Gaillarde
Château d’eau de Brive
Nous commençons la visite par le château d’eau, la curiosité locale. L’office de tourisme y loge, et la montée est gratuite à ses horaires.
Mais est-ce un château d’eau ou un phare ?
Le « Phare » de Brive n’a pourtant jamais guidé le moindre navire. C’est un château d’eau de 1834, dessiné par l’architecte Limousin pour alimenter la ville, avec cette silhouette de phare en souvenir des mers qui recouvraient la région à la préhistoire.
Il est aujourd’hui classé, planté dans son jardin méditerranéen. Quatre-vingt-dix-huit marches, vingt-deux mètres cinquante, et la vue sur toute la ville. On vous conseille un samedi de marché, c’est encore mieux !
Passage du Sanglier
À l’angle du Boulevard Général Koenig et de la Rue Toulzac, il y a plus d’un siècle, les sangliers faisaient déjà parler d’eux à Brive, en Corrèze. En 1921, un sanglier, poursuivi par des chasseurs, s’est aventuré en ville et a défoncé la vitrine d’une chemiserie, un incident qui est resté dans les mémoires. Deux plaques marquent aujourd’hui le passage de l’animal, et la boutique s’est appelée « Au sanglier » par la suite. Une histoire que les guides locaux aiment raconter lors des visites de la ville.
Plus tard, dans les années 1930, un autre sanglier se rendait à des banquets au restaurant La Truffe noire, où il circulait entre les tables avant de finir à la rôtisserie. Aujourd’hui, son blason orne encore le restaurant, rappelant cette époque insolite où le sanglier était un invité d’honneur.
Nous visitons Brive durant une fin de journée ensoleillée du mois de septembre, offrant une agréable et chaleureuse lumière dorée sur la ville. Son centre historique est majoritairement piéton, cela rend la visite et les flâneries très agréables.
Place du 15 Août 1944
Quand on l’attaque, la Gaillarde contre-attaque ! C’est à ce moment que le nom de « gaillarde » a été remis au goût du jour. Quelques siècles plus tôt, le roi d’Angleterre qualifiait déjà Brive ainsi. La raison ? Brive était ceinturée de remparts et pouvait donc se défendre toute seule.
Quelques siècles plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, Brive fut la première ville de France à se libérer par ses propres moyens.
Grand hôtel de Bordeaux
Cette ancienne auberge a reçu du beau monde. Le pape Pie VII en 1814, le roi d’Espagne Ferdinand VII, la duchesse d’Angoulême. Pas mal, pour une étape corrézienne, et on comprend que la maison l’affiche fièrement.
Ces visites tiennent à la géographie plus qu’au hasard. Brive est posée sur la grande route de Paris à Toulouse et à l’Espagne, celle que suivaient les malles-poste, et il fallait bien s’arrêter quelque part entre Limoges et Cahors. La ville vivait de ce passage, avec ses relais, ses auberges et ses écuries.
L’année 1814 explique le reste. L’Empire s’effondre, et tous ceux que Napoléon retenait rentrent chez eux par les routes de France. Pie VII remonte d’exil vers Rome, Ferdinand VII redescend de Valençay vers Madrid, et la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, revient d’un long exil européen. Ils ont tous dormi ici, à quelques mois d’intervalle !
Cinéma Rex
Le Rex est le doyen des cinémas de la ville, et le premier à avoir parlé, dans un écrin Art déco bâti de 1935 à 1938.
Son nom lorgnait vers le Grand Rex parisien, ouvert en 1932. La modernité des Années folles arrivait en Corrèze, avec ses façades géométriques, ses néons et ses fauteuils de velours. On allait au cinéma comme on va au théâtre, endimanché, et la séance du samedi soir était l’événement de la semaine.
Le parlant a tout bouleversé quelques années plus tôt. Il fallait insonoriser les salles, changer les projecteurs et se séparer du pianiste qui accompagnait les films muets. Beaucoup de petites salles n’ont pas suivi, et celles qui ont investi, comme le Rex, ont raflé le public de toute la région.
Depuis 2016, la salle est un service public municipal, et elle forme les jeunes regards au cinéma. Voilà une bonne nouvelle, quand tant de cinémas de centre-ville ont baissé le rideau.
Rue de la République
L’œuvre est signée Sismik et Azot, et le modèle ne doit rien au hasard. La fresque reprend une photographie prise à l’entrée de la grotte de Lascaux, à quelques vallées d’ici. De quoi donner envie de filer vers la Vézère.
L’histoire de la découverte vaut le détour. En septembre 1940, quatre adolescents de Montignac partent à la recherche du chien de l’un d’eux, tombé dans un trou. Ils descendent, allument une lampe de fortune, et se retrouvent nez à nez avec des taureaux peints dix-sept mille ans plus tôt.
La grotte a été fermée au public dès 1963, le souffle des visiteurs abîmait les pigments, et l’on visite aujourd’hui des fac-similés d’une précision confondante. Nous sommes ici à moins d’une heure de route, et la fresque de la rue de la République est une invitation en règle.
Brive a d’ailleurs pris goût au mur peint. En levant le nez dans le centre, nous repérons plusieurs fresques et quelques pochoirs discrets, un jeu de piste que l’office de tourisme aide à démêler.
Fontaine Bourzat (Saint-Martin)
La fontaine Bourzat honore Pierre-Siméon Bourzat, avocat et républicain corrézien du XIXe siècle. Un buste, des inscriptions, et une plume illustre pour le portrait.

Bourzat, en raison de la boue, comme c’était son habitude, portait des sabots. Qui prendrait Bourzat pour un paysan se tromperait : c’est un bénédictin ! Bourzat, imagination méridionale, intelligence vive, fine lettrée, ornée dans sa tête de l’Encyclopédie et des sabots à ses pieds : pourquoi pas ? Il est esprit et peuple.
Victor Hugo
Collégiale Saint-Martin de Brive-la-Gaillarde
La collégiale Saint-Martin est le cœur ancien de Brive. Elle est bâtie sur la tombe de saint Martin l’Espagnol, le missionnaire qui paya de sa vie d’avoir brisé les idoles locales. Grégoire de Tours mentionnait déjà un sanctuaire ici.
L’église actuelle date du XIIe siècle, tenue des siècles durant par des chanoines. Sous le chœur, une crypte archéologique conserve les traces de la chapelle primitive et d’une nécropole mérovingienne. Mille cinq cents ans d’histoire, et on marche dessus sans le savoir.
Place Charles de Gaulle
La place Charles-de-Gaulle est le parvis de la collégiale et le salon de la ville. Terrasses, commerces et manifestations s’y relaient toute l’année, et l’ombre de Saint-Martin y tombe juste au bon moment l’été.
C’est le point d’où tout rayonne. Le centre ancien de Brive dessine un cercle presque parfait autour de la collégiale, parce que les remparts en suivaient le contour et que les boulevards les ont remplacés. Il suffit de tourner en rond pour revenir à son point de départ, ce qui rend la ville très facile à visiter à pied.
Un peu plus loin, la halle Georges-Brassens abrite le marché, et son nom n’est pas un hommage en l’air. C’est le marché de Brive qui a inspiré Hécatombe, la chanson où quelques douzaines de gaillardes se crêpent le chignon à propos de bottes d’oignons avant de rosser les gendarmes. Brassens n’y avait jamais mis les pieds, mais le nom sonnait bien !
Archives municipales
La maison Cavaignac, du XIVe siècle, a été tour à tour couvent de Clarisses, séminaire et musée. Elle garde aujourd’hui les archives municipales, ce qui est peut-être son emploi le plus logique.
Ces bâtiments-là ont toujours servi à quelque chose. Fondé au Moyen Âge, transformé en couvent, vidé à la Révolution, rendu à l’enseignement religieux au XIXe siècle puis récupéré par la commune, il a suivi toutes les secousses de l’histoire de France sans jamais perdre son toit.
Les archives d’une ville comme Brive remontent loin. Registres de baptême, délibérations des consuls, plans cadastraux, photographies de presse, tout y dort dans des boîtes numérotées. C’est là que les Brivistes viennent chercher leurs grands-parents, et l’accueil est gratuit.
Conservatoire de Brive
Le conservatoire occupe la rue du Docteur-Massénat, à deux pas du centre ancien. Musique, danse et théâtre pour toute la ville, et le bâtiment sonne dès la fin des classes.
Brive tient à sa vie culturelle, et pas seulement en musique. La ville accueille chaque automne la Foire du livre, l’un des plus grands rendez-vous littéraires de France, où des centaines d’auteurs dédicacent trois jours durant sous la halle. Pour une sous-préfecture de cinquante mille habitants, le pari était gonflé, et il est tenu depuis 1982 !
Nous aimons ces villes moyennes qui refusent de se laisser vider. Une école de musique bien remplie, un cinéma municipal, un musée, une foire du livre, et le centre reste vivant le soir.
Musée Labenche
Le musée Labenche loge dans le plus bel hôtel Renaissance de la ville, classé dès 1886. Fondé en 1879, le musée a déménagé ici en 1978, après restauration.
L’hôtel doit son nom à Jean II Labenche, greffier des États du Bas-Limousin, qui le fit bâtir au milieu du XVIe siècle. Regardez les fenêtres du premier étage, des bustes s’y penchent comme s’ils regardaient la rue. C’est une fantaisie typiquement Renaissance, et elle donne à la façade un air habité assez troublant.
À l’intérieur, on trouve de l’archéologie, des beaux-arts, et une rareté absolue, dix tapisseries de la manufacture royale anglaise de Mortlake, une collection unique en France.
Mortlake, c’est une histoire d’espionnage industriel. Le roi Jacques Ier voulait rivaliser avec les Flamands, il a fait venir des lissiers de Bruges au prix fort, et la manufacture a produit pendant un demi-siècle des tentures somptueuses avant de s’éteindre. Qu’il en reste dix à Brive tient du petit miracle.
Palais de Justice
Le palais de justice aligne ses colonnes néoclassiques depuis le XIXe siècle. Tribunaux judiciaire et de commerce y siègent toujours, et la façade fait exactement ce qu’on lui demande, impressionner le justiciable.
Tous les palais de justice de cette époque se ressemblent, et c’est voulu. On leur a donné la forme d’un temple antique, avec perron, colonnes et fronton, pour dire que la loi est au-dessus des hommes et qu’on y monte au sens propre. Le message passait sans avoir besoin de savoir lire.
Brive garde par ailleurs une vieille rivalité avec Tulle. La Gaillarde est de loin la plus grande ville du département, la plus commerçante et la mieux desservie, mais c’est Tulle qui est préfecture depuis 1790. On en plaisante volontiers ici, avec un fond de sérieux !
Square Germain Auboiroux et Square Charles Boudy
Étonnant, ces arbres, n’est-ce pas ? Ils ont retrouvé une seconde vie grâce à trois grimpeurs élagueurs municipaux qui ont sculpté leurs troncs. Ne vous font-ils pas penser à une main venue de l’espace ?
Le principe est malin. Plutôt que d’abattre un arbre malade ou dangereux et de laisser une souche, on garde le tronc debout et on le confie à la tronçonneuse d’un sculpteur. L’arbre reste dans le square, les enfants tournent autour, et personne ne regrette l’abattage.
Les deux squares se suivent le long des boulevards, sur le tracé des anciens remparts. C’est une promenade en ceinture qu’on trouve dans beaucoup de villes, héritée du XIXe siècle, quand les fortifications sont tombées et qu’on a planté des arbres à leur place.
Place du Civoire
Sur le chemin du parking, nous passons par cette jolie et adorable petite place. La place du Civoire et des Patriotes Martyrs, l’une des plus anciennes de Brive, est un lieu chargé d’histoire. Elle rend hommage au rôle historique de la ville qui, pour rappel, est la première de France à s’être libérée par ses propres moyens de l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.
En 2005, cette place a été réhabilitée pour retrouver son charme d’antan. Jadis transformée en parking, elle a été débarrassée des voitures pour redonner vie à son caractère historique. Une fontaine a été réinstallée, rappelant l’époque où les animaux des foires, qui se tenaient à proximité de l’église, venaient y boire. Ce retour aux sources redonne à la place son authenticité et son atmosphère conviviale.
Chênes verts, granit corrézien et gradins ouverts sur la rue Toulzac. La place a retrouvé son âme, et nous, un joli point final de visite.

