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Une histoire mouvementée au fil des conflits anglo-français, Échiré - Château du Coudray-Salbart

Échiré – Château du Coudray-Salbart

Se rendre à Échiré depuis Paris

4H20

3H00

430 km

Le Château du Coudray-Salbart : un géant de pierre au cœur de l’histoire

À dix minutes de Niort, le Coudray-Salbart monte la garde au-dessus de la Sèvre niortaise. C’est l’un des châteaux forts du début du XIIIe siècle les mieux conservés d’Europe — et pourtant, personne ne le connaît !

Sa curiosité, c’est la gaine — un couloir ménagé dans l’épaisseur même des murailles, qui permettait de circuler à couvert tout autour du château. On s’y faufile encore, et l’effet est garanti.

Une histoire mouvementée au fil des conflits anglo-français

Tout commence avec les Larchevêque, seigneurs de Parthenay. Quand le mariage d’Aliénor d’Aquitaine fait passer le Poitou aux Plantagenêts, en 1152, la région devient un échiquier — et les places fortes, ses pièces maîtresses.

Le château sort de terre dans la première moitié du XIIIe siècle, payé en partie par l’or anglais — Jean sans Terre d’abord, Henri III ensuite. Les rois d’Angleterre voyaient dans ce verrou sur la Sèvre un rempart contre les Capétiens.

La suite fait moins rêver, il faut bien le dire. En 1415, Jean II de Parthenay, accusé de félonie, perd tout — la forteresse passe au connétable de Richemont, puis à Dunois, le compagnon de Jeanne d’Arc. Des noms immenses, pour un château déjà à l’abandon.

Le plus beau chapitre est récent. En juin 2000, le descendant du dernier propriétaire cède le château pour un franc symbolique à l’agglomération de Niort — et la sauvegarde peut commencer.

Explorer les trésors architecturaux de la forteresse

Depuis, l’association des Amis du Coudray-Salbart fait parler les pierres, chantier après chantier. Et sur place, on prend la mesure d’emblée — quatre fossés secs, dont le premier atteint vingt mètres de large et douze de profondeur.

L’entrée de la basse-cour était une forteresse en soi — barbacane, portail entre deux tours, et la tour du Portal avec son assommoir. Plus haut, on marche sur le château primitif, dont les restes affleurent autour d’un fossé devenu intérieur.

Chaque tour a ensuite son caractère. Le Moulin cache des voûtes d’ogives sculptées, la Grosse Tour servait de donjon, Saint-Michel est traversée par la fameuse gaine, la Double montre son profil en amande de « tour à bec » — et Bois-Berthier regarde vers son hameau. Six caractères bien trempés !

On ressort de là avec l’impression d’avoir eu un château fort pour nous tout seuls — et c’est très exactement le cas.